2025 dans le rétroviseur

January 1, 2026

Les faits de marché

Le retour du risque politique américain

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a immédiatement modifié la lecture des marchés.

Les investisseurs ont rapidement réintégré plusieurs risques dans les prix :

  • commerce international ;
  • fiscalité ;
  • politique industrielle ;
  • indépendance institutionnelle.

Rarement la politique américaine avait influencé aussi rapidement les marchés financiers modernes.

Le choc des tarifs douaniers

Le printemps 2025 a marqué l’un des épisodes les plus violents de l’année.

L’annonce de nouveaux tarifs massifs a provoqué :

  • une baisse d’environ 10 % du S&P 500 en deux séances ;
  • des ventes synchronisées entre les principales zones géographiques ;
  • une forte remontée de la volatilité.

Les marchés ont alors commencé à tester des scénarios de fragmentation économique et commerciale mondiale.

Iran–Israël : retour du risque géopolitique énergétique

Le conflit entre l’Iran et Israël a ravivé les inquiétudes autour :

  • du Moyen-Orient ;
  • des routes énergétiques ;
  • de la sécurité maritime.

La volatilité des marchés a augmenté, mais le pétrole n’a pas connu d’emballement durable.

Les investisseurs ont considéré que :

  • l’offre mondiale restait suffisante ;
  • les perturbations immédiates restaient limitées.

Chine : déflation et tensions commerciales

La Chine a continué de faire face :

  • à des pressions déflationnistes ;
  • à une demande intérieure plus faible ;
  • à des tensions commerciales persistantes.

Les marchés asiatiques ont été sous pression, poussant les investisseurs vers des arbitrages plus sélectifs :

  • sectoriels ;
  • géographiques ;
  • monétaires.

Les institutions américaines sous tension

L’année a également été marquée par plusieurs séquences inhabituelles pour une grande économie développée :

  • tensions autour de la Fed ;
  • débats institutionnels ;
  • risques de shutdown ;
  • controverses judiciaires.

Les investisseurs ont progressivement intégré un risque institutionnel américain plus visible qu’au cours des dernières décennies.

Comment les marchés ont réagi

Avril : un choc, pas une panique

Le sell-off du printemps a été violent mais relativement ordonné.

Les marchés ont fortement corrigé sans provoquer :

  • de crise de liquidité majeure ;
  • de dysfonctionnement financier profond ;
  • de rupture systémique.

Les investisseurs ont surtout testé les scénarios extrêmes avant de progressivement revenir vers une lecture plus pragmatique.

Dollar et Treasuries sous pression

L’un des changements marquants de 2025 a été la remise en question partielle des actifs refuges traditionnels.

Le dollar et les Treasuries américains ont parfois été simultanément sous tension.

Les marchés ont commencé à intégrer un risque politique américain dans :

  • les taux longs ;
  • le change ;
  • les flux internationaux de capitaux.

Le retour du “TACO trade”

Après les premières phases de tension, les marchés ont rapidement rebondi à mesure que certaines mesures étaient clarifiées ou partiellement désamorcées.

Le “TACO trade” s’est imposé comme une lecture dominante :

  • vendre les excès de peur ;
  • acheter les corrections liées aux annonces politiques.

Les investisseurs ont progressivement appris à distinguer :

  • les annonces de négociation ;
  • les mesures réellement appliquées.

Les records de l’été

Malgré un environnement géopolitique chargé, les marchés actions ont retrouvé des records dès l’été.

Les investisseurs se sont recentrés sur :

  • les résultats d’entreprises ;
  • la liquidité ;
  • les investissements massifs dans l’intelligence artificielle.

Le marché a progressivement hiérarchisé les risques en distinguant davantage :

  • le bruit politique quotidien ;
  • les tendances structurelles de long terme.

Fin d’année : hiérarchie claire des actifs

La fin de l’année a confirmé une hiérarchie assez nette des performances :

  • actions mondiales en hausse ;
  • forte surperformance de l’or et de l’argent ;
  • dollar en repli.

Les investisseurs ont ainsi combiné :

  • exposition aux actifs risqués ;
  • recherche de protection contre les risques géopolitiques et monétaires.

Pourquoi le “-X %” peut être trompeur

L’année 2025 a montré que les marchés ne “ignorent” pas la géopolitique.

Ils l’intègrent rapidement, puis la hiérarchisent.

Les mouvements ont souvent été très violents à court terme, mais moins durables lorsque :

  • les fondamentaux économiques restaient solides ;
  • la liquidité demeurait abondante ;
  • les risques systémiques restaient contenus.

Les investisseurs ont progressivement appris à différencier :

  • les risques de communication ;
  • les risques réellement structurels.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

2025 marque probablement une évolution durable du fonctionnement des marchés.

La politique, la géopolitique et les institutions influencent désormais directement :

  • les taux ;
  • les devises ;
  • les matières premières ;
  • les flux internationaux.

Mais les fondamentaux restent déterminants :

  • bénéfices des entreprises ;
  • productivité ;
  • liquidité ;
  • investissement technologique.

Le marché semble ainsi avoir développé une capacité nouvelle : intégrer un monde plus conflictuel sans abandonner complètement les logiques financières classiques.

La grande leçon de 2025 est peut-être celle-ci : les marchés ne séparent plus macroéconomie, géopolitique et institutions. Ils les traitent désormais comme un seul et même système.

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