Bilan trimestriel – T1 2026

April 1, 2026

Les faits de marché

Actions

Les principaux marchés actions terminent le trimestre en baisse :

  • S&P 500 : -4,5 % ;
  • Nasdaq 100 : -5,8 % ;
  • Euro Stoxx 50 : -3,9 %.

Le mouvement reflète principalement :

  • un dé-rating lié à la remontée du pétrole ;
  • la hausse des taux réels ;
  • l’incertitude géopolitique.

Le rebond observé en fin de trimestre reste essentiellement technique et ne traduit pas encore une amélioration fondamentale de l’environnement macroéconomique.

Volatilité

Le VIX progresse de 69 % sur le trimestre.

Cette hausse reflète un changement de régime :

  • inflation d’offre ;
  • tensions géopolitiques ;
  • visibilité réduite sur les banques centrales.

Devises

Le dollar poursuit son appréciation :

  • DXY : +1,9 % ;
  • EUR/USD : -1,6 %.

Le dollar combine désormais plusieurs soutiens :

  • rôle de devise de liquidité mondiale ;
  • niveaux de taux élevés ;
  • exposition plus favorable au choc énergétique.

Matières premières

Le pétrole connaît un mouvement exceptionnel :

  • Brent : +71 % ;
  • WTI : +78 %.

Le marché intègre une contrainte réelle sur les flux énergétiques mondiaux :

  • pétrole ;
  • gaz ;
  • logistique ;
  • assurance ;
  • chaînes avales.

L’or progresse de 8,4 % sur le trimestre, malgré une forte correction en mars (-11 %), pénalisé par :

  • la hausse des taux réels ;
  • la force du dollar.

L’info du trimestre : le choc énergétique redevient systémique

Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février constitue l’événement majeur du trimestre.

Le sujet dépasse largement le cadre géopolitique.

Le marché ne price plus seulement une prime de risque temporaire. Il intègre désormais :

  • des perturbations durables ;
  • des contraintes physiques sur les flux ;
  • une hausse structurelle des coûts énergétiques.

La fin du trimestre introduit néanmoins un élément nouveau : l’espoir d’une désescalade.

Mais ce rebond repose davantage sur une anticipation de normalisation que sur une résolution effective des tensions.

Macroéconomie : ralentissement sans récession immédiate

États-Unis

L’économie américaine ralentit, sans rupture majeure à ce stade :

  • PIB révisé à 0,7 % ;
  • inflation à 2,4 % ;
  • chômage à 4,4 %.

Le principal sujet devient la compression du revenu réel liée au choc énergétique.

La Fed apparaît désormais contrainte :

  • inflation encore présente ;
  • activité qui ralentit progressivement ;
  • marges de manœuvre plus limitées.

Europe

L’Europe apparaît comme la zone la plus vulnérable :

  • inflation autour de 2,7 % ;
  • PMI proche de 50,5.

Le choc énergétique se diffuse progressivement :

  • vers les marges ;
  • vers l’activité ;
  • vers la consommation.

Le risque de stagflation réapparaît progressivement dans les scénarios de marché.

Monde

La croissance mondiale ralentit vers 2,9 %, avec une inflation du G20 proche de 4 %.

Le monde devient plus dépendant de la géopolitique énergétique.

La divergence entre :

  • pays producteurs ;
  • et pays importateurs d’énergie ;

s’accentue fortement.

Géopolitique : le retour des contraintes physiques

Moyen-Orient

Le conflit au Moyen-Orient provoque :

  • tensions sur Ormuz ;
  • perturbations logistiques ;
  • hausse des coûts d’assurance.

Le marché intègre désormais des contraintes physiques réelles sur les flux énergétiques mondiaux.

Le “hope trade” observé fin mars ne modifie pas encore ces contraintes.

Ukraine / Russie

Le conflit reste actif mais passe au second plan dans les marchés.

Son impact demeure principalement indirect via :

  • l’énergie ;
  • la défense ;
  • les matières premières.

Commerce mondial

L’incertitude tarifaire réapparaît progressivement après la décision de la Cour suprême américaine.

La fragmentation commerciale progresse, sans rupture brutale à ce stade.

Taux : le retour du risque de financement

Le taux américain à 10 ans progresse d’environ 40 points de base sur le trimestre.

Le marché reprice progressivement :

  • une inflation plus persistante ;
  • un choc d’offre durable ;
  • une capacité réduite des banques centrales à assouplir rapidement.

Private credit sous pression

Le segment du private credit commence à montrer des signes de tension :

  • BDC sous leur valeur d’actif net ;
  • tensions sur les retraits ;
  • interrogations sur la liquidité et les valorisations.

Le lien avec le secteur technologique renforce la sensibilité du segment :

  • les doutes sur certaines valorisations software ;
  • se transmettent progressivement aux portefeuilles financés par le crédit privé.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Le T1 2026 semble marquer un changement de paradigme.

Le marché passe progressivement :

  • d’un monde de normalisation monétaire ;
  • à un monde de fragmentation géopolitique et énergétique.

Les investisseurs doivent désormais intégrer simultanément :

  • inflation d’offre ;
  • ralentissement économique ;
  • tensions énergétiques ;
  • contraintes budgétaires ;
  • fragmentation commerciale.

Le principal changement est peut-être psychologique :

les marchés ne regardent plus seulement la croissance et les taux.

Ils réintègrent progressivement la géopolitique comme variable structurelle.

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