Émissions de CO₂ : le ralentissement de la hausse est-il suffisant ?

May 11, 2025

Les faits de marché

Selon les données présentées, les émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie ont atteint un niveau record de 37,8 gigatonnes en 2024.

Si ce chiffre marque un nouveau sommet, le rythme de progression apparaît en ralentissement :

  • +2,4 % par an entre 2004 et 2014 ;
  • +0,85 % par an entre 2014 et 2019 ;
  • +0,7 % par an entre 2019 et 2024.

Cette évolution intervient dans un contexte où la croissance économique mondiale est estimée à 3,2 % en 2024.

Les émissions supplémentaires enregistrées en 2024 proviennent principalement :

  • du gaz naturel, qui représente 51 % de la hausse annuelle ;
  • du charbon, qui représente 38 % de cette hausse.

Le charbon reste notamment soutenu par la demande observée en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Est.

Parmi les grandes économies mentionnées, l’Inde affiche la progression la plus importante des émissions, avec une hausse de 5,3 %.

Pourquoi la hausse des émissions peut être trompeuse

L’évolution des émissions ne se résume pas à une simple lecture du chiffre annuel.

D’un côté, le niveau absolu des émissions continue d’augmenter et atteint un record historique. De l’autre, leur rythme de croissance ralentit progressivement depuis plusieurs années.

Cette distinction est importante. Une décélération ne signifie pas une baisse des émissions, mais une augmentation moins rapide qu’auparavant.

Les données présentées suggèrent ainsi un début de découplage entre la croissance économique mondiale et la progression des émissions de CO₂. Le terme de découplage désigne une situation dans laquelle l’activité économique continue de croître plus vite que les émissions associées.

Cela ne signifie pas pour autant que les émissions diminuent, mais que leur trajectoire évolue à un rythme différent de celui de la croissance.

Quel rôle ont joué les conditions climatiques ?

Une partie importante de la hausse observée en 2024 est attribuée à des vagues de chaleur exceptionnelles.

Selon les chiffres présentés, 64 % de l’augmentation mondiale des émissions en 2024 serait liée à ces épisodes climatiques, notamment en Chine et en Inde.

Les besoins énergétiques associés au refroidissement ou au chauffage des bâtiments peuvent accroître la consommation d’énergie et, par conséquent, les émissions lorsque cette énergie provient de sources fossiles.

Cette dynamique illustre la complexité de l’analyse des émissions : leur évolution dépend à la fois de facteurs structurels, comme le mix énergétique, et de facteurs conjoncturels, comme les conditions météorologiques.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Le développement des énergies renouvelables apparaît comme l’un des principaux facteurs ayant limité la progression des émissions au cours des dernières années.

Entre 2019 et 2024, les technologies renouvelables auraient permis d’éviter 2,6 gigatonnes d’émissions supplémentaires.

Cette contribution se répartit principalement entre :

  • le solaire, à hauteur de 54 % ;
  • l’éolien, à hauteur de 35 %.

Selon les données disponibles, sans ces technologies, la hausse des émissions depuis 2019 aurait été environ trois fois plus importante.

Ces chiffres illustrent une réalité souvent observée dans les transitions énergétiques : plusieurs tendances peuvent coexister simultanément. Les émissions continuent de progresser à l’échelle mondiale, tandis que certaines technologies contribuent déjà à en ralentir la croissance.

L’enjeu réside donc autant dans la réduction des émissions existantes que dans la capacité à éviter des émissions supplémentaires à l’avenir.

Le sujet semble également occuper une place moins visible dans les priorités politiques évoquées sous la présidence de Donald Trump, selon les éléments présentés.

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