May 13, 2025

Réunis à Genève, les représentants américains et chinois ont annoncé un accord provisoire visant à réduire une partie des surtaxes commerciales appliquées entre les deux pays.
Selon les éléments communiqués :
L’objectif affiché est de relancer les discussions commerciales, d’éviter un découplage économique plus marqué entre les deux puissances et de poursuivre les négociations autour des déséquilibres commerciaux existants.
Le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine est présenté à 295 milliards de dollars pour l’année 2024.
L’annonce a déclenché un mouvement marqué sur les principales classes d’actifs.
Les marchés actions ont progressé :
Dans le même temps, certains actifs traditionnellement perçus comme défensifs ont reculé :
Le dollar s’est également renforcé face à l’euro :
Cette réaction reflète une amélioration du sentiment de marché à court terme et une diminution de l’aversion au risque à la suite de l’annonce.
Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a notamment déclaré que ni Washington ni Pékin ne souhaitaient un découplage économique entre les deux pays, un message largement interprété comme un signe d’apaisement.
Malgré l’ampleur de la réaction des marchés, plusieurs éléments invitent à la prudence.
D’abord, les mesures annoncées sont temporaires. L’accord couvre une période de 90 jours et ne constitue pas, à ce stade, un règlement structurel des différends commerciaux entre les deux pays.
Ensuite, plusieurs sujets sensibles restent présents dans la relation sino-américaine. Les tensions géopolitiques évoquées autour de Taïwan, des chaînes d’approvisionnement stratégiques ou encore des matières premières critiques continuent de peser sur l’environnement général.
Par ailleurs, la possibilité évoquée par Donald Trump d’un tarif universel de 80 % sur la Chine souligne que les discussions commerciales demeurent susceptibles d’évoluer rapidement.
Enfin, certains observateurs rappellent que des tentatives de rapprochement similaires ont déjà eu lieu par le passé sans déboucher sur un accord durable.
La réaction observée illustre la différence entre un soulagement de marché à court terme et la résolution effective des enjeux de fond.
À court terme, la baisse des droits de douane réduit une source de tension économique et favorise un retour de l’appétit pour le risque. Les flux se dirigent davantage vers les actifs cycliques, tandis que les valeurs refuges sont délaissées.
À moyen terme, les fondamentaux du dossier restent plus complexes. Les négociations commerciales entre les deux pays concernent des sujets multiples et potentiellement sensibles, dont aucun ne semble définitivement réglé à ce stade.
Le mouvement observé peut donc être interprété comme un ajustement des anticipations des investisseurs face à une diminution temporaire du risque commercial, plutôt que comme la confirmation d’un accord définitif.
L’évolution des discussions au cours des prochains mois sera déterminante pour évaluer la portée réelle de cette désescalade.