May 16, 2025

Jerome Powell a indiqué que la Fed réfléchissait à une révision de son cadre de politique monétaire. Le dispositif actuel, mis en place en 2020, repose sur un objectif d’inflation moyenne de 2 %, permettant temporairement à l’inflation de dépasser ce seuil après des périodes prolongées de faibles hausses de prix.
Selon les déclarations récentes du président de la Fed, ce cadre pourrait être moins adapté à un environnement marqué par des chocs d’offre plus fréquents. Cette réflexion semble s’accompagner d’une approche plus prudente vis-à-vis du risque inflationniste.
Dans les faits, ce positionnement suggère que la banque centrale américaine ne paraît pas pressée d’engager un cycle de baisse des taux d’intérêt.
Parallèlement, plusieurs signaux émergent du côté des entreprises :
L’indice des prix à la consommation (CPI) publié en avril a été perçu comme rassurant par une partie des marchés. Toutefois, plusieurs indicateurs prospectifs pointent vers des pressions qui pourraient apparaître ultérieurement dans les prix à la consommation.
Lorsqu’une entreprise subit une hausse de ses coûts de production ou d’approvisionnement, la répercussion sur les prix finaux n’est généralement pas immédiate. Les décisions tarifaires peuvent intervenir avec un décalage, notamment lorsque les entreprises cherchent d’abord à préserver leur compétitivité ou à absorber une partie des coûts dans leurs marges.
Les éléments observés aujourd’hui ne permettent pas de conclure à une reprise de l’inflation, mais ils constituent des signaux surveillés de près par les investisseurs et les banques centrales.
Le débat actuel porte sur l’articulation entre plusieurs forces économiques potentiellement contradictoires.
D’un côté, Donald Trump défend l’idée d’une relance budgétaire importante et appelle à une baisse rapide des taux d’intérêt. Une politique budgétaire expansionniste correspond à une augmentation des dépenses publiques ou à des mesures de soutien susceptibles de stimuler l’activité économique.
De l’autre, si l’inflation devait repartir à la hausse, la Fed pourrait être amenée à maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps. Une politique monétaire restrictive vise à limiter les pressions inflationnistes en maintenant des conditions de financement plus exigeantes.
Cette situation pourrait créer des tensions entre les objectifs de soutien à la croissance et ceux de stabilité des prix.
J.P. Morgan souligne par ailleurs qu’un scénario de récession demeure plausible, même si la suspension temporaire des tarifs chinois a contribué à rassurer les marchés à court terme.
L’enjeu principal réside donc dans l’évolution simultanée de l’inflation, de la croissance et des décisions de politique économique. Dans ce contexte, l’incertitude reste élevée à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis.