September 16, 2025

Le marché des changes a connu un mouvement marquant au cours des dernières semaines.
L’euro s’est apprécié jusqu’à 1,1850 dollar, un niveau inédit depuis 2021, affichant une progression d’environ 15,6 % depuis le début de l’année.
Cette évolution intervient alors que les investisseurs anticipent un assouplissement monétaire plus prononcé aux États-Unis qu’en zone euro.
Selon les éléments disponibles, la Réserve fédérale pourrait réduire ses taux jusqu’à 75 points de base supplémentaires d’ici la fin de l’année 2025, tandis que la Banque centrale européenne adopte une posture plus stable.
Cette divergence de politique monétaire contribue à modifier l’équilibre entre les deux devises.
Les marchés des changes sont particulièrement sensibles aux écarts de taux d’intérêt entre les grandes économies.
Lorsque les investisseurs anticipent une baisse des taux américains, le rendement relatif des actifs libellés en dollars tend à diminuer.
Cette évolution peut réduire l’attrait de la devise américaine et favoriser les monnaies dont la politique monétaire apparaît relativement plus restrictive.
Un élément notable de la situation actuelle est que le dollar s’affaiblit alors même que les marchés américains continuent d’attirer des capitaux.
Les investisseurs internationaux restent présents sur les actions et les obligations américaines. Toutefois, ils choisissent de plus en plus souvent de neutraliser le risque de change.
Selon les données présentées, plus de 80 % des flux vers les ETF investis en actions américaines seraient désormais couverts contre les variations du dollar.
Cette situation contribue à expliquer pourquoi le Bloomberg Dollar Index recule d’environ 9 % depuis le début de l’année malgré des entrées importantes sur les marchés américains.
La couverture de change consiste à neutraliser l’impact des variations de devises sur un investissement international.
Son coût dépend notamment du différentiel de taux d’intérêt entre les deux zones monétaires concernées.
Or, ce différentiel s’est réduit entre les États-Unis et la zone euro.
Selon les éléments présentés, se protéger contre une baisse du dollar coûte désormais beaucoup moins cher qu’auparavant.
Cette évolution facilite l’investissement dans les actifs américains tout en limitant l’exposition aux fluctuations du billet vert.
Les investisseurs européens et asiatiques peuvent ainsi continuer à bénéficier du potentiel des marchés américains sans assumer pleinement le risque lié à l’évolution du dollar.
Cette tendance modifie progressivement les flux sur le marché des changes : les capitaux continuent d’entrer aux États-Unis, mais ils génèrent moins de demande structurelle pour la devise américaine.
Le seuil de 1,20 dollar pour un euro constitue désormais l’un des principaux niveaux surveillés par les marchés.
Au-delà de son importance symbolique, ce niveau pourrait avoir des conséquences économiques concrètes.
Une appréciation supplémentaire de l’euro renforce le pouvoir d’achat des importateurs européens et réduit le coût des matières premières libellées en dollars.
À l’inverse, elle peut rendre les exportations européennes moins compétitives sur les marchés internationaux.
C’est pourquoi l’évolution de l’EUR/USD est suivie de près par les entreprises exportatrices, les investisseurs et les banques centrales.
Pour un investisseur européen, les placements en actions américaines peuvent devenir plus attractifs lorsqu’ils sont proposés avec une couverture de change adaptée.
La performance de l’investissement dépend alors davantage de l’évolution des marchés actions que des fluctuations du dollar.
Un dollar plus faible est généralement considéré comme un facteur favorable aux économies émergentes.
Il peut alléger le poids de certaines dettes libellées en dollars et soutenir les flux de capitaux vers ces marchés.
La baisse du dollar constitue également un soutien pour plusieurs matières premières.
L’or figure parmi les principaux bénéficiaires de cette dynamique, les actifs réels étant souvent recherchés lorsque le billet vert s’affaiblit.
L’évolution récente du dollar ne semble pas uniquement refléter les perspectives de politique monétaire.
Les éléments présentés mettent également en avant une modification du comportement des investisseurs internationaux.
Les capitaux continuent d’affluer vers les actifs américains, mais ils le font de manière différente, avec une utilisation accrue des stratégies de couverture.
Cette distinction est importante. La faiblesse du dollar ne traduit pas nécessairement un désintérêt pour les marchés américains, mais davantage une volonté de dissocier l’investissement dans les actifs américains de l’exposition à la devise.
L’évolution future dépendra notamment du rythme des baisses de taux de la Fed, de la politique de la BCE et de la capacité de l’euro à franchir durablement le seuil des 1,20 dollar.