July 24, 2026

Les faits
Les cinq grandes majors mondiales — ExxonMobil, Chevron, Shell, bp et TotalEnergies — devraient dégager environ 45,8 Md$ de bénéfices cumulés au T2, leur meilleur niveau depuis 2022 et le troisième plus élevé jamais enregistré.
Le Brent s'est établi en moyenne à 97 $/b au cours du trimestre, tandis que les marges mondiales de raffinage ont retrouvé leurs plus hauts niveaux depuis 2022, portées par les tensions sur le diesel, l'essence et le carburant aérien.
Les attentes sont particulièrement fortes pour ExxonMobil et Chevron, tandis que Shell et BP devraient bénéficier de leurs activités de négoce.
Le raffinage crée la vraie surprise
La hausse du pétrole n'explique pas tout. Le principal moteur vient des marges de raffinage, soutenues par les perturbations au Moyen-Orient, les attaques contre les capacités russes et les tensions persistantes sur le diesel, l'essence et le carburant aérien.
Les premières publications européennes le confirment. Repsol a dépassé de 12 % les attentes de bénéfices, grâce à la division Industrial (+13 % vs consensus), qui regroupe principalement le raffinage, la chimie et les activités industrielles.
Chez Equinor, la division Marketing, Midstream & Processing (MMP) a dépassé les attentes de 25 %, portée par le trading pétrolier, le raffinage et les infrastructures.
TotalEnergies a publié un bénéfice ajusté de 6 Md$, conforme aux attentes, mais un flux de trésorerie opérationnel supérieur de 3 %. Les résultats de Refining & Chemicals sont ressortis conformes à des attentes déjà très élevées, tandis que Marketing & Services a dépassé le consensus de 25 %.
Les groupes intégrés, présents à la fois dans la production, le raffinage et la distribution, captent ainsi pleinement le choc énergétique.
Des bénéfices transformés en cash et en distributions
Le point le plus favorable n'est pas seulement le bénéfice comptable, mais sa conversion en trésorerie. Repsol a généré 2,13 Md€ de trésorerie disponible avant variation du besoin en fonds de roulement, Equinor a dégagé 4,8 Md, et TotalEnergies a réduit sa dette nette de 3,3Md sur le trimestre.
Cette solidité finance les dividendes et les rachats d'actions : 1,5 Md$ supplémentaires chez TotalEnergies, 500 M€ chez Repsol et jusqu'à 3 Md$ sur l'année chez Equinor.
En France, cette abondance de trésorerie pourrait cependant replacer TotalEnergies au centre du débat sur les « superprofits », à moins d'un an de l'élection présidentielle.
Le T2 confirme que le secteur de l'énergie bénéficie d'un cycle exceptionnel de raffinage, de distribution et de génération de trésorerie.