June 18, 2025

Kering a annoncé la nomination de Luca de Meo comme directeur général du groupe à partir de septembre 2025. Il succédera à François-Henri Pinault, qui restera président du conseil d’administration après vingt années passées à la tête de l’entreprise.
Cette décision se distingue par le profil du futur dirigeant. Luca de Meo a construit l’essentiel de sa carrière dans l’industrie automobile, un secteur dont les dynamiques économiques diffèrent fortement de celles du luxe.
La réaction des marchés a été immédiate. Lors de la séance suivant l’annonce :
Cette évolution reflète l’appréciation positive des investisseurs concernant les perspectives de Kering, tandis que Renault a vu partir le dirigeant associé à sa transformation récente.
La nomination intervient dans un contexte de difficultés pour plusieurs marques du groupe.
Gucci, historiquement moteur de la rentabilité de Kering, représentant environ les deux tiers des profits du groupe, a enregistré une baisse de 25 % de ses ventes au premier trimestre.
Parallèlement, Kering a perdu près de 80 % de sa valeur depuis 2021, une performance nettement inférieure à celle de certains acteurs majeurs du secteur du luxe.
Le groupe a également engagé plusieurs initiatives de relance, notamment à travers des changements de directions artistiques, des acquisitions et une réorganisation interne. À ce stade, ces mesures ne semblent pas avoir pleinement convaincu les investisseurs.
Dans ce contexte, l’arrivée d’un nouveau dirigeant peut être interprétée comme la volonté d’apporter une perspective différente à des marques en phase de transition.
Le choix de Luca de Meo repose notamment sur son parcours à la tête de Renault Group.
Selon les éléments communiqués, il a contribué à doubler la valeur du constructeur en cinq ans, dans un environnement marqué par de profondes transformations du secteur automobile.
Son profil est également associé à des compétences en matière de construction de marque, d’innovation produit et de partenariats. Ces qualités sont souvent considérées comme importantes dans des secteurs où la différenciation et l’image jouent un rôle central.
Le fait qu’il ne soit pas issu de l’industrie du luxe constitue une particularité notable. Selon les situations, un regard extérieur peut être perçu comme une opportunité de remise en question des pratiques établies et d’introduction de nouvelles approches.
Les changements de CEO constituent souvent des événements fortement symboliques pour les investisseurs.
L’annonce d’un nouveau dirigeant peut traduire une volonté de rupture stratégique, un changement de cap ou l’espoir d’une amélioration de la performance future. Cette dimension explique pourquoi les marchés réagissent parfois immédiatement, avant même que les nouvelles orientations ne soient mises en œuvre.
Cependant, l’histoire montre que le succès d’une transition managériale n’est jamais garanti.
Plusieurs exemples sont régulièrement cités parmi les transitions réussies :
À l’inverse, certaines transitions ont été associées à des résultats décevants, comme chez Hewlett-Packard sous Leo Apotheker ou Nokia sous Stephen Elop.
Ces situations illustrent une réalité simple : la qualité d’un dirigeant ne constitue qu’un élément parmi d’autres. La stratégie, l’organisation, l’environnement concurrentiel et la capacité d’exécution demeurent déterminants.
Dans le cas de Kering, l’enthousiasme initial du marché traduit avant tout l’espoir d’un nouveau cycle pour le groupe. La capacité de cette nomination à produire des résultats durables dépendra des actions mises en œuvre au cours des prochaines années.