October 10, 2025

OpenAI s’est engagé à déployer 6 GW de GPU fournis par AMD sur plusieurs années.
L’annonce a été accueillie très favorablement par les marchés financiers. Le titre AMD a progressé de 24 % en une seule séance, représentant environ 63 Md$ de capitalisation boursière supplémentaire.
Dans le cadre de l’opération, OpenAI reçoit des warrants. Ces instruments financiers lui donnent la possibilité d’accéder à jusqu’à 10 % du capital d’AMD pour 0,01 $ par action.
L’infrastructure nécessaire à l’hébergement de ces capacités repose également sur un important volet cloud, avec un engagement annoncé de 300 Md$ auprès d’Oracle.
Par ailleurs, un montage présenté comme similaire aurait déjà été mis en place avec NVIDIA, avec 100 Md$ injectés dans OpenAI en contrepartie d’une commande importante de puces.
La hausse de 24 % du titre AMD constitue le chiffre le plus visible de l’annonce. Pourtant, ce pourcentage ne décrit qu’une réaction boursière à un instant donné.
Le mouvement reflète avant tout la manière dont les investisseurs ont revalorisé les perspectives associées à l’accord. Il ne constitue pas, à lui seul, une mesure directe de la valeur économique finale qui sera créée par le contrat.
Dans ce type de situation, la variation du cours de Bourse attire souvent davantage l’attention que les mécanismes financiers sous-jacents qui accompagnent l’opération.
L’un des éléments les plus remarquables de l’accord réside dans les warrants accordés à OpenAI.
Un warrant est un instrument financier qui donne le droit d’acheter des actions à des conditions prédéfinies.
Dans ce cas, OpenAI obtient un accès potentiel à jusqu’à 10 % du capital d’AMD à un prix de 0,01 $ par action. Si la valorisation d’AMD progresse, la valeur économique associée à ces droits peut également augmenter.
Autrement dit, l’intérêt d’OpenAI ne se limite pas à l’utilisation des GPU. L’entreprise peut aussi bénéficier d’une partie de la valeur créée autour du fournisseur qui équipe son expansion.
La logique décrite par l’opération peut être résumée en plusieurs étapes :
Cette mécanique crée une forme de boucle dans laquelle relation commerciale, valorisation boursière et participation au capital sont étroitement liées.
Deux lectures peuvent coexister.
La première met en avant l’ingéniosité du modèle. OpenAI peut soutenir son expansion tout en bénéficiant potentiellement de la création de valeur générée chez ses partenaires stratégiques.
La seconde souligne la dépendance de ce mécanisme à la confiance des marchés. La dynamique repose en partie sur la capacité des investisseurs à attribuer une valeur élevée aux acteurs impliqués.
Enfin, cette structure peut également être perçue comme un facteur de concentration. Les mêmes entreprises se retrouvent simultanément fournisseurs, clients, partenaires technologiques et bénéficiaires de la hausse de valorisation des uns et des autres.
La question centrale reste donc ouverte : ces montages traduisent-ils une nouvelle manière de financer l’expansion de l’intelligence artificielle, ou illustrent-ils une dynamique dont la solidité dépend fortement des anticipations du marché ?