Prévisions de marché : pourquoi sont-elles si souvent déjouées ?

January 27, 2025

Les faits de marché

Au début de chaque année, de nombreux économistes et stratégistes publient leurs anticipations concernant l'évolution de l'économie et des marchés financiers.

Ces analyses portent généralement sur la croissance économique, l'inflation, les décisions des banques centrales ou encore les perspectives des principales classes d'actifs.

L'exercice est indispensable pour élaborer des scénarios d'investissement. Il reste néanmoins confronté à une difficulté majeure : certains événements susceptibles de transformer profondément l'environnement économique sont, par nature, impossibles à prévoir.

Les éléments fournis rappellent notamment la pandémie de Covid-19 en 2020 et le début de la guerre en Ukraine en 2022, deux exemples de chocs exogènes ayant profondément modifié les perspectives économiques et financières.

Les marchés suivent-ils les prévisions économiques ?

Même en l'absence d'événement majeur, les marchés financiers n'évoluent pas toujours comme les prévisions pouvaient le laisser attendre.

Les prix des actifs reflètent non seulement la situation économique du moment, mais également les attentes des investisseurs concernant l'avenir. L'évolution du sentiment de marché, les flux de capitaux et les révisions successives des anticipations jouent ainsi un rôle déterminant.

Autrement dit, les marchés réagissent souvent davantage aux écarts entre les attentes et la réalité qu'aux données économiques elles-mêmes.

L'exemple de 2024

L'année 2024 illustre cette difficulté de prévision.

Selon les éléments fournis, plusieurs risques étaient largement identifiés en début d'année : la poursuite de la guerre en Ukraine, le conflit au Proche-Orient, le ralentissement de la croissance, des valorisations jugées élevées ou encore la possibilité d'une récession.

Au fil de l'année, plusieurs évolutions se sont néanmoins dessinées : l'inflation s'est modérée, les banques centrales ont commencé à assouplir leur politique monétaire, même plus tardivement qu'espéré, et la récession redoutée ne s'est finalement pas matérialisée.

Dans ce contexte, le S&P 500 a terminé l'année à 5 971 points, en progression de 24,9 %.

Ce résultat dépasse de 10,6 % la prévision la plus optimiste formulée en début d'année et de 22,8 % la moyenne des prévisions disponibles. À l'origine, le consensus anticipait une hausse d'environ 1,9 % par rapport à la fin de l'année 2023.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Cet écart entre les prévisions et la performance effective rappelle que les marchés financiers ne suivent pas une trajectoire linéaire.

Les valorisations, les bénéfices des entreprises, les politiques monétaires et la croissance économique restent des éléments fondamentaux. Toutefois, les anticipations des investisseurs évoluent en permanence et peuvent conduire les marchés à s'écarter sensiblement des scénarios envisagés quelques mois auparavant.

Cette caractéristique explique pourquoi il est souvent préférable de considérer les prévisions comme des points de départ pour la réflexion plutôt que comme des objectifs précis.

Une autre manière d'aborder l'investissement

Plutôt que de chercher à prévoir précisément l'évolution des marchés, une approche consiste à s'intéresser aux principes de gestion qui restent valables quel que soit le contexte.

Les décisions d'investissement gagnent souvent à s'appuyer sur une méthode cohérente, une bonne gestion du risque et une vision de long terme, plutôt que sur la recherche d'un scénario unique.

C'est dans cet esprit que la réflexion peut se poursuivre autour des erreurs les plus fréquentes que les investisseurs cherchent à éviter.

Lien vers l'article:

Abonnez-vous à notre newsletter

Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.