February 25, 2026

Un scénario publié par Citrini Research a provoqué une correction marquée des valeurs considérées comme exposées à l’intelligence artificielle.
Les SaaS horizontaux — logiciels utilisés dans la gestion, les ressources humaines ou la relation client — ont particulièrement reculé.
Les sociétés liées à l’automatisation et aux outils destinés aux développeurs ont également été touchées.
Le secteur des paiements et certains services financiers ont subi des pressions similaires, tandis que plusieurs acteurs du crédit privé ont commencé à être surveillés de plus près.
À l’inverse, les semi-conducteurs et les infrastructures technologiques ont montré une meilleure résilience relative.
Cette divergence traduit une hausse importante de la dispersion entre les secteurs perçus comme bénéficiaires de l’IA et ceux considérés comme potentiellement fragilisés par sa diffusion rapide.
Le marché a surtout réagi à un scénario cohérent de rupture économique plutôt qu’à un simple mouvement spéculatif.
Le scénario présenté repose sur une séquence économique relativement simple.
L’automatisation rapide des fonctions tertiaires pourrait réduire certains emplois qualifiés, ce qui pèserait ensuite sur la consommation.
Cette baisse de la demande pourrait à son tour exercer une pression sur les marges des entreprises et fragiliser certaines zones du crédit privé exposées aux valorisations technologiques.
Le point central du raisonnement concerne le rythme d’ajustement.
L’hypothèse n’est pas que l’intelligence artificielle détruirait durablement la création de richesse, mais que les gains de productivité pourraient apparaître plus vite que les mécanismes sociaux et économiques capables d’absorber cette transition.
Dans ce type de configuration, une phase temporairement récessive devient envisageable.
Le marché semble donc moins inquiet de l’innovation elle-même que de la capacité de l’économie à s’adapter suffisamment rapidement.
La réaction des marchés montre une distinction de plus en plus nette entre les différents segments technologiques.
Les infrastructures liées à l’IA — notamment les semi-conducteurs et les capacités de calcul — apparaissent pour l’instant comme les bénéficiaires directs de l’expansion technologique.
À l’inverse, les logiciels applicatifs ou certains services tertiaires sont davantage perçus comme exposés à une pression sur les prix, les marges ou les effectifs.
Cette évolution contribue à accroître la dispersion sectorielle sur les marchés actions.
Dans les phases de transition technologique majeures, les marchés cherchent souvent à identifier quels acteurs captent la création de valeur et lesquels subissent une recomposition économique.
Le scénario évoqué par Citrini Research met également en avant plusieurs leviers susceptibles d’atténuer les risques de transition.
Le premier enjeu consiste à limiter le risque qu’une réallocation sectorielle rapide se transforme en choc de demande.
Parmi les outils évoqués figurent des dispositifs temporaires d’assurance salariale, des formations courtes orientées vers le réemploi ou encore un accompagnement renforcé des salariés concernés.
L’objectif serait de soutenir la consommation pendant les phases de transformation du marché du travail.
Le sujet n’est pas présenté comme une régulation générale de l’intelligence artificielle, mais comme un encadrement ciblé des usages ayant un impact économique ou social important.
Parmi les domaines concernés figurent notamment :
Plusieurs mesures pragmatiques sont évoquées :
L’objectif serait de réduire les effets de surprise et de limiter un ajustement trop brutal de l’emploi.
Comme dans de nombreuses phases de transition économique, le risque systémique pourrait venir davantage de la finance que de la technologie elle-même.
Le scénario met donc l’accent sur plusieurs points de vigilance :
L’enjeu est d’éviter qu’une correction sectorielle ne se transforme en risque systémique plus large.
Le “AI Scare Trade” rappelle qu’une innovation majeure modifie souvent la répartition des revenus avant d’augmenter durablement la richesse globale.
Les marchés commencent ainsi à intégrer une question plus large : comment répartir les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle sans provoquer une phase d’ajustement économique trop déséquilibrée ?
Cette interrogation pourrait progressivement devenir un sujet central de politique économique, de régulation financière et de gouvernance des entreprises technologiques.