Bilan Hebdo : marchés en mode “Goldilocks”, monde sous tension

January 12, 2026

Les faits de marché

Les grands indices mondiaux ont terminé la semaine en hausse.

Aux États-Unis :

  • S&P 500 : +1,6 % ;
  • Dow Jones : +2,3 % ;
  • Nasdaq 100 : +2,3 % ;
  • Russell 2000 : +4,7 %.

Le mouvement ne se limite plus aux grandes valeurs technologiques. Les investisseurs reviennent progressivement vers :

  • les industrielles ;
  • les valeurs cycliques ;
  • les small caps.

Cette rotation est souvent interprétée comme un signe de confiance dans la solidité de l’économie américaine.

En Europe :

  • EuroStoxx 50 : +2,5 % ;
  • CAC 40 : +2,0 %.

Les marchés européens profitent notamment :

  • de la détente des taux ;
  • de la faiblesse de l’euro ;
  • d’un mouvement de rattrapage après plusieurs mois plus difficiles.

Au Japon, le Nikkei progresse de +3,2 %, porté par :

  • un yen faible ;
  • des flux étrangers soutenus.

À l’inverse, le Hang Seng recule de –0,4 %, reflet des tensions structurelles persistantes autour de l’économie chinoise.

Le VIX — indice mesurant la volatilité implicite des marchés américains — reste autour de 14,5, niveau cohérent avec un environnement “risk-on”.

Le taux américain à 10 ans termine proche de 4,17 %, dans un marché obligataire attentiste avant les prochaines publications macroéconomiques.

États-Unis : ralentissement sans récession ?

Le marché du travail américain continue de ralentir progressivement sans montrer de signes de rupture brutale.

Les créations d’emplois ressortent autour de +50 000, avec un taux de chômage à 4,4 %.

Les entreprises semblent à la fois :

  • plus prudentes dans leurs recrutements ;
  • moins agressives dans les licenciements.

Les marchés interprètent cette configuration comme un ralentissement contrôlé plutôt qu’une entrée en récession.

La productivité reste également très surveillée.

Au troisième trimestre :

  • productivité : +4,9 % ;
  • coût unitaire du travail : –1,9 %.

Cette combinaison nourrit un scénario particulièrement favorable pour la Fed :

  • croissance encore positive ;
  • gains de productivité élevés ;
  • pression salariale limitée.

En revanche, l’industrie américaine reste sous pression.

L’ISM manufacturier ressort à 47,9, en zone de contraction pour le dixième mois consécutif.

Les services et la technologie continuent donc de compenser une activité manufacturière plus fragile.

Géopolitique : le retour des rapports de force

Plusieurs dossiers géopolitiques ont marqué la semaine.

Venezuela

Les États-Unis renforcent leur contrôle sur les exportations pétrolières vénézuéliennes via :

  • supervision des recettes ;
  • saisies de tankers.

Les marchés y voient une forme de contrôle énergétique indirect sur une zone stratégique.

Iran

L’Iran fait face à des tensions économiques et sociales importantes :

  • inflation alimentaire supérieure à 50 % ;
  • pénuries ;
  • tensions sur la monnaie.

Des mouvements de protestation ont conduit les autorités à renforcer les mesures de répression, avec notamment :

  • coupures d’internet ;
  • menaces judiciaires ;
  • mobilisation des Gardiens de la révolution (IRGC).

Groenland et OTAN

Donald Trump a de nouveau évoqué la possibilité d’utiliser la force concernant le Groenland.

Cette séquence crée des tensions ouvertes avec le Danemark et alimente les interrogations autour de l’ordre atlantique traditionnel.

Matières premières : le retour de la prime géopolitique

Le pétrole Brent progresse d’environ +3,7 % malgré une demande mondiale décrite comme relativement molle.

Les marchés semblent davantage intégrer :

  • les tensions autour de l’Iran ;
  • le Venezuela ;
  • les risques sur certaines routes maritimes.

Les métaux précieux poursuivent également leur hausse :

  • or : +4,2 % ;
  • argent : +10,3 %.

Les investisseurs semblent rechercher davantage de protection dans un environnement marqué par :

  • la fragmentation géopolitique ;
  • les tensions monétaires ;
  • les incertitudes institutionnelles.

Pourquoi le “-X %” peut être trompeur

Les marchés financiers affichent actuellement un optimisme relativement fort.

Le scénario dominant reste celui d’une économie américaine capable de ralentir sans entrer en récession, avec une inflation progressivement maîtrisée.

Mais cette lecture coexiste avec une montée visible des tensions géopolitiques mondiales.

Autrement dit :

  • les marchés actions réagissent surtout aux données macroéconomiques de court terme ;
  • les matières premières et certains actifs refuges intègrent davantage les risques structurels.

Cette divergence devient l’un des éléments centraux de la lecture actuelle des marchés.

La mécanique heure par heure

Mardi

  • Inflation américaine (CPI) de décembre.

Mercredi

  • PPI américain ;
  • ventes au détail américaines.

Vendredi

  • production industrielle américaine de décembre.

Les marchés surveilleront ces chiffres afin d’évaluer si le scénario “Goldilocks” reste crédible ou commence à montrer des signes d’essoufflement.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Les investisseurs semblent aujourd’hui évoluer entre deux dynamiques contradictoires.

D’un côté :

  • productivité élevée ;
  • désinflation progressive ;
  • Fed prudente ;
  • marchés actions solides.

De l’autre :

  • tensions géopolitiques croissantes ;
  • fragmentation commerciale ;
  • militarisation des ressources stratégiques ;
  • retour des logiques de puissance.

Cette coexistence explique probablement pourquoi les actifs risqués et les actifs refuges progressent parfois simultanément.

Les marchés financiers semblent encore privilégier le scénario macroéconomique favorable, tandis que certaines matières premières et actifs réels commencent à intégrer un environnement mondial plus conflictuel et plus fragmenté.

Lien vers l'article:

Abonnez-vous à notre newsletter

Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.