July 29, 2026

Le taux fédéral d'impôt sur les sociétés reste fixé à 21 %, contre 35 % avant la réforme de 2017.
Mais la loi fiscale de 2025 a profondément modifié l'assiette : les entreprises peuvent désormais déduire immédiatement 100 % de nombreux investissements en équipements, logiciels et recherche réalisée aux États-Unis.
Depuis son adoption, les recettes fédérales d'impôt sur les sociétés ont reculé d'environ 28 % sur douze mois. Elles ne représentent plus que 6,8 % des recettes fédérales, contre 25 % dans les années 1950.
Une partie de cette baisse est temporaire : les entreprises cumulent les anciens amortissements et les nouvelles déductions immédiates. Mais le recul traduit aussi un affaiblissement durable de l'assiette fiscale.
Déduire immédiatement un investissement réduit son coût après impôt et améliore le flux de trésorerie dès la première année. L'effet sur le bénéfice par action est souvent moins direct : le bénéfice comptable peut rester élevé alors que l'impôt effectivement payé diminue fortement.
L'incohérence vient du financement. Les entreprises peuvent déduire immédiatement leurs investissements tout en continuant à déduire une large part de leurs intérêts. Certains projets financés par dette bénéficient ainsi d'un taux marginal d'imposition négatif.
Les principaux bénéficiaires sont les secteurs qui investissent beaucoup et disposent déjà de bénéfices imposables : intelligence artificielle, centres de données, semi-conducteurs, logiciels, industrie, énergie et raffinage.
Pour l'État, le coût est immédiat : moins de recettes dans un contexte de déficits déjà très élevés.
À court terme, le dispositif devrait perdurer, car il soutient la relocalisation industrielle, les infrastructures numériques et la compétitivité américaine.
À moyen terme, le scénario le plus probable est une remontée partielle des recettes lorsque les anciens amortissements auront disparu.
Cela ne suffira probablement pas. Le Congrès pourrait alors limiter davantage la déduction des intérêts, renforcer l'impôt minimum sur les très grands groupes, supprimer certaines niches ou relever le taux fédéral vers 25 %.
La réforme la plus cohérente serait de conserver la déduction immédiate des investissements, mais de supprimer l'avantage fiscal de la dette et d'élargir l'assiette.
Les États-Unis ont rendu l'investissement beaucoup moins imposé sans encore déterminer comment financer durablement les recettes auxquelles ils renoncent.