July 27, 2026

Les faits
Les États-Unis appliquent depuis le 24 juillet de nouveaux droits de douane, allant de 10 % à 12,5 % sur les importations provenant d'une soixantaine d'économies.
L'Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada, le Mexique et l'Inde sont généralement soumis à 10 %. La Chine, le Japon, la Corée du Sud ou la Suisse peuvent atteindre 12,5 %.
Le nouveau dispositif remplace sans interruption le prélèvement temporaire de 10 % instauré après l'invalidation, en février, des anciens droits de douane par la Cour suprême.
L'administration américaine doit parallèlement rembourser environ 160 Md$ de droits perçus sur le fondement juridique précédent.
Un fondement plus solide, mais pas incontestable
Les premiers droits reposaient sur une loi d'urgence, l'IEEPA, qui ne donnait pas explicitement au président le pouvoir d'imposer des droits de douane. Le dispositif temporaire suivant utilisait la Section 122 du Trade Act, mais celle-ci était limitée à 150 jours.
Les nouveaux droits reposent désormais sur la Section 301, qui permet de sanctionner des pratiques étrangères jugées injustes pour le commerce américain. L'argument retenu est le manque d'interdiction ou de contrôle des produits issus du travail forcé, mais le droit s'applique largement à des produits sans lien direct démontré avec ce sujet.
C'est là son principal point faible : l'administration ne taxe pas seulement les biens soupçonnés d'être concernés, mais une part très large des exportations du pays visé.
Les importateurs américains peuvent donc saisir les tribunaux. Une contestation est très probable, mais une suspension rapide moins probable : la Section 301 est juridiquement plus éprouvée et les droits pourraient continuer à être perçus pendant plusieurs années de procédure.
Un choc limité aujourd'hui, un risque d'accumulation demain
Pour les marchés, l'annonce était largement anticipée. Elle remplace un tarif de 10 % déjà appliqué et modifie donc peu le niveau moyen des droits.
L'effet inflationniste immédiat devrait rester limité. En revanche, le maintien durable de ces taxes empêche une baisse du prix des biens importés.
Le vrai risque vient de l'empilement : enquêtes sur les surcapacités industrielles, droits sectoriels, médicaments, métaux, automobiles et éventuelles représailles étrangères.
Pour la Fed, ce dispositif ne justifie pas à lui seul une hausse des taux, mais il renforce le risque d'une inflation plus persistante et réduit la marge de manœuvre pour assouplir rapidement la politique monétaire.
Le nouveau dispositif change peu le choc tarifaire immédiat, mais il rend le protectionnisme américain plus durable et plus difficile à contourner.