Or et matières premières : pourquoi le métal jaune ne joue pas selon les mêmes règles

May 7, 2025

Les faits de marché

Les marchés des matières premières reposent sur une mécanique fondamentale : la rencontre entre l’offre et la demande.

Du côté de l’offre, plusieurs contraintes peuvent limiter ou ralentir la production :

  • délais de développement des projets miniers ;
  • contraintes logistiques ;
  • événements géopolitiques ;
  • facteurs climatiques ou sociaux.

Du côté de la demande, les besoins évoluent en fonction de la croissance économique, des politiques industrielles, des transitions énergétiques ou encore des impératifs stratégiques.

Lorsque ces deux dimensions se déséquilibrent, les variations de prix peuvent être particulièrement importantes.

L’exemple du supercycle des matières premières entre 2005 et 2010 illustre ce phénomène. La forte progression de la demande chinoise a contribué à une hausse rapide des prix de nombreuses ressources, notamment le cuivre, le nickel ou le minerai de fer.

Pourquoi les hausses de prix finissent souvent par s’essouffler

Les marchés des matières premières possèdent généralement des mécanismes d’ajustement.

Lorsque les prix augmentent fortement, plusieurs phénomènes peuvent apparaître :

  • les producteurs investissent pour accroître l’offre ;
  • certains consommateurs réduisent leur consommation ;
  • des solutions de substitution deviennent économiquement viables ;
  • le recyclage et la valorisation des déchets deviennent plus attractifs.

Ces ajustements contribuent souvent à rééquilibrer le marché avec le temps.

Même les matières premières les plus stratégiques ne sont pas exemptes de ces dynamiques. Le cuivre, par exemple, reste au cœur de nombreuses activités industrielles et des besoins liés à l’électrification, mais son prix demeure soumis aux cycles économiques et aux évolutions de l’offre.

L’histoire des matières premières montre ainsi que les périodes de hausse prolongée ne se traduisent pas nécessairement par une progression continue et illimitée des prix.

Quel prix regarder et pourquoi

L’or constitue un cas particulier dans l’univers des matières premières.

Contrairement à la plupart des ressources industrielles, son prix n’est pas uniquement déterminé par les besoins de consommation ou de production.

La demande physique liée à la bijouterie représente environ la moitié de la demande mondiale selon les données présentées. Pourtant, ce n’est pas nécessairement ce segment qui influence le plus les mouvements de marché.

L’or est également considéré comme :

  • une réserve de valeur ;
  • un actif financier ;
  • une forme de diversification pour certains investisseurs ;
  • un actif refuge en période d’incertitude.

Cette spécificité lui confère un comportement différent de celui des matières premières traditionnelles.

Les moteurs particuliers du marché de l’or

Plusieurs facteurs sont susceptibles d’influencer les cours du métal jaune.

Parmi ceux évoqués figurent :

  • les achats des banques centrales ;
  • les flux vers les ETF adossés à l’or physique ;
  • l’évolution de l’inflation ;
  • les mouvements du dollar ;
  • les taux d’intérêt réels ;
  • les tensions géopolitiques.

Selon les périodes, ces facteurs peuvent agir simultanément ou individuellement.

Cette diversité d’influences explique pourquoi les mouvements de l’or peuvent parfois sembler déconnectés des logiques traditionnelles d’offre et de demande observées sur d’autres matières premières.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

L’évolution récente de l’or illustre cette singularité.

Contrairement à certains épisodes historiques marqués par des mouvements très rapides, la progression observée au cours des trente derniers mois apparaît plus graduelle selon les éléments présentés.

Les phases de correction semblent avoir été suivies de nouveaux points hauts. L’exemple cité est celui d’un recul d’environ 6 % dans un contexte d’apaisement entre les États-Unis et la Chine, avant un retour vers un nouveau sommet à 3 431 dollars l’once.

Attribuer un mouvement de marché à une cause unique reste toutefois délicat. Plusieurs facteurs peuvent coexister et influencer simultanément le comportement des investisseurs.

L’or conserve ainsi une caractéristique particulière : il ne génère ni revenu ni dividende, mais continue d’être recherché par certains acteurs lorsqu’ils cherchent à se prémunir contre différentes formes d’incertitude.

Cette fonction explique en partie pourquoi le métal jaune conserve une place singulière dans l’histoire financière, indépendamment des cycles économiques ou des évolutions géopolitiques.

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