March 25, 2026

Le PMI composite de la zone euro recule à 50,5 en mars, contre 51,9 le mois précédent.
Il s’agit du niveau le plus faible depuis dix mois.
Le PMI (Purchasing Managers’ Index) est une enquête réalisée auprès des entreprises afin de mesurer l’évolution de l’activité économique. Un niveau supérieur à 50 indique une expansion, tandis qu’un niveau inférieur à 50 signale une contraction.
Plusieurs économies européennes ralentissent simultanément.
Certaines passent déjà sous le seuil des 50 points, signe d’une contraction de l’activité.
Dans le même temps, les coûts des entreprises progressent au rythme le plus rapide depuis plus de trois ans, principalement sous l’effet du choc énergétique.
Les enquêtes PMI jouent souvent le rôle de premier thermomètre macroéconomique.
Elles permettent de mesurer quasiment en temps réel :
Le signal actuel est particulièrement important car il combine deux dynamiques :
Cette combinaison est typique d’un choc stagflationniste.
Le conflit énergétique agit indirectement sur l’économie mondiale.
La hausse des coûts :
réduit progressivement les marges des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages.
Autrement dit, une partie de la croissance est absorbée par la hausse des coûts de fonctionnement.
C’est ce qui explique pourquoi les PMI réagissent souvent rapidement lors des chocs énergétiques.
Le ralentissement actuel reste encore partiellement masqué dans certains secteurs manufacturiers.
Des effets temporaires peuvent soutenir l’activité à court terme :
Mais ce type de dynamique peut aussi refléter une inquiétude croissante des entreprises face aux risques futurs.
Le soutien apparent du manufacturier ne signifie donc pas nécessairement une amélioration durable.
Les implications pour les marchés deviennent progressivement plus importantes.
Les marchés obligataires commencent à intégrer un risque d’inflation importée plus durable.
Tant que le choc énergétique persiste :
Les entreprises font face à une équation plus difficile :
Les marchés actions deviennent donc plus sensibles aux révisions de bénéfices.
Les actifs liés à l’énergie restent soutenus tant que l’incertitude sur l’offre mondiale demeure importante.
Le marché continue de considérer le risque énergétique comme structurellement présent.
Pendant plusieurs mois, le conflit a surtout été traité comme un risque géopolitique.
Les PMI montrent désormais une autre réalité :
le choc commence à modifier directement le fonctionnement de l’économie.
Le sujet n’est plus seulement :
Le sujet devient la capacité de l’économie mondiale à absorber durablement :
Les PMI sont souvent les premiers indicateurs à signaler un changement de régime macroéconomique.
Les chiffres de mars suggèrent que cette transition est déjà en cours.