Retour à la case départ ?

April 13, 2026

Les faits de marché

Les négociations entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad ont échoué après environ 21 heures de discussions.

Les désaccords restent importants sur plusieurs sujets :

  • programme nucléaire iranien ;
  • transfert éventuel de l’uranium enrichi ;
  • réouverture du détroit d’Ormuz ;
  • levée des sanctions ;
  • restitution d’environ 27 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés ;
  • compensations liées au conflit.

Aucun nouveau cycle officiel de négociations n’est annoncé à ce stade, même si les deux parties laissent la porte ouverte à une reprise du dialogue.

Le bilan humain du conflit continue de s’alourdir selon les chiffres évoqués :

  • plus de 5 600 morts au total ;
  • dont plus de 3 600 en Iran ;
  • et environ 2 000 au Liban.

Le coût économique du conflit progresse également :

  • Israël : environ 11,5 milliards de dollars ;
  • États-Unis : estimations externes proches de 25 à 35 milliards.

La mécanique heure par heure

À la suite de l’échec des négociations, Donald Trump annonce un blocus du détroit d’Ormuz.

Les objectifs affichés sont multiples :

  • intercepter certains navires ;
  • empêcher le paiement de droits de passage à l’Iran ;
  • déminer progressivement la zone.

L’objectif stratégique semble être de réduire la rente pétrolière iranienne tout en reprenant l’initiative diplomatique et militaire.

Mais la faisabilité d’un tel blocus reste particulièrement incertaine.

Le détroit d’Ormuz demeure une zone asymétrique :

  • mines maritimes ;
  • drones ;
  • missiles ;
  • tensions navales permanentes.

Un blocus prolongé représenterait une escalade majeure proche d’un acte de guerre ouvert.

Au-delà de la dimension militaire, la stratégie semble également viser à :

  • accroître la pression sur l’Iran ;
  • pousser les grandes puissances dépendantes de l’énergie à s’impliquer davantage ;
  • transformer un conflit régional en sujet économique mondial.

Le sujet devient donc moins la fermeture totale d’Ormuz que la modification du rapport de force géopolitique.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Le choc énergétique continue désormais de se refléter dans les données d’inflation.

Aux États-Unis en mars :

  • inflation totale : +0,9 % sur un mois et +3,3 % sur un an ;
  • inflation sous-jacente : +0,2 % sur un mois et +2,6 % sur un an.

L’énergie redevient ainsi le principal moteur de l’inflation visible.

Mais la diffusion au reste de l’économie reste encore partielle à ce stade.

Le risque principal reste celui d’une transmission progressive :

  1. hausse des coûts énergétiques ;
  2. hausse des coûts de production ;
  3. diffusion vers les biens et services ;
  4. ralentissement de la croissance.

Ce scénario correspond davantage à une logique stagflationniste.

Conséquences pour les marchés

Les marchés effacent progressivement l’optimisme lié aux scénarios récents de désescalade.

Actions

Les marchés actions subissent un retour de pression avec la remise en cause du scénario de normalisation rapide.

Pétrole

Le pétrole reste soutenu par les contraintes persistantes sur l’offre mondiale.

Dollar et actifs refuges

Le dollar et plusieurs actifs défensifs bénéficient du retour de l’aversion au risque.

Taux

La réaction obligataire reste plus limitée.

Les marchés arbitrent désormais entre :

  • risque inflationniste ;
  • ralentissement économique potentiel.

Le sujet central devient donc moins le cessez-le-feu lui-même que la persistance des points de blocage structurels.

Tant que ces désaccords restent entiers, les marchés reviennent mécaniquement à un régime dominé par :

  • l’incertitude géopolitique ;
  • l’inflation énergétique ;
  • et la prime de risque.

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