Semi-conducteurs et mémoires : la fin de l'euphorie ?

July 31, 2026

Les faits


Le Nasdaq 100 est entré en correction, à plus de 11 % sous son sommet de juin. L'indice des semi-conducteurs de Philadelphie (SOX) a enchaîné cinq séances consécutives de baisse.

En juillet, plusieurs leaders du secteur ont perdu entre 20 % et 50 %.

Les entreprises technologiques dépassant les attentes de bénéfices ont, en moyenne, sous-performé le S&P 500 de 3,3 % après publication.

Le S&P 500 équipondéré inscrit quant à lui un nouveau sommet historique, preuve que la baisse reste concentrée sur les anciens leaders du marché.

Pourquoi le marché change de regard


L'intelligence artificielle n'est pas remise en cause, mais les attentes le sont. Les investisseurs veulent désormais mesurer le rendement des centaines de milliards investis dans les centres de données, et non plus seulement la progression des dépenses.

Le secteur était devenu la position la plus consensuelle des marchés. Après une hausse exceptionnelle, les bonnes nouvelles étaient déjà intégrées dans les cours et il restait peu de nouveaux acheteurs.

La correction est ensuite devenue autoalimentée. Les stratégies de suivi de tendance ont réduit leurs positions, tandis que certaines banques ont demandé davantage de garanties aux fonds les plus exposés, accélérant les ventes.

Le contexte macro renforce la pression. Une Fed plus prudente, la remontée du pétrole et plusieurs publications jugées décevantes rendent les valorisations plus difficiles à justifier.

Rotation ou changement de cycle ?


Les capitaux se déplacent vers les banques, la santé, l'énergie, l'industrie et les valeurs décotées. Pour l'instant, il s'agit davantage d'une rotation sectorielle que d'une sortie générale des actions.

Les prochains résultats des hyperscalers seront déterminants. Le marché regardera moins la croissance du chiffre d'affaires que les flux de trésorerie disponibles et les revenus réellement générés par l'IA.

Contrairement à 2000, les leaders de l'IA sont aujourd'hui très rentables. Contrairement à 2008, les banques sont beaucoup mieux capitalisées. Le risque principal n'est donc probablement pas une crise financière, mais une correction prolongée d'un secteur devenu très concentré dans les indices et dont les valorisations reposaient sur des anticipations extrêmement élevées.

Le véritable signal positif ne sera pas une bonne publication, mais la capacité des cours à cesser de baisser malgré de bonnes nouvelles.

Juillet ne marque probablement pas la fin du cycle de l'intelligence artificielle, mais la fin d'un marché qui acceptait de payer n'importe quel prix pour une promesse de croissance.

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