Volatilité extrême : que nous apprend vraiment un marché proche du bear market ?

April 7, 2025

Les faits de marché

La séance du 7 avril a été particulièrement mouvementée sur les marchés américains.

Le S&P 500 a évolué entre :

  • Ouverture : 4 964,61 points
  • Plus bas en séance : 4 810,14 points
  • Clôture : 5 061,62 points

Par rapport au sommet atteint le 19 février, ces niveaux représentaient respectivement :

  • -19,1 % à l’ouverture ;
  • -21,6 % au plus bas ;
  • -17,6 % à la clôture.

Le seuil de -20 % est souvent utilisé comme référence pour définir un bear market, c’est-à-dire une baisse prolongée et significative d’un marché actions.

Le fait que l’indice ait temporairement franchi ce niveau avant de rebondir illustre l’intensité des mouvements observés.

Pourquoi le seuil des -20 % attire autant l’attention

Les marchés financiers sont influencés autant par les fondamentaux économiques que par la psychologie des investisseurs.

Le passage sous les -20 % constitue un seuil symbolique largement suivi.

Il ne modifie pas mécaniquement les perspectives économiques des entreprises, mais il influence souvent le comportement des investisseurs.

À partir de ce niveau, plusieurs phénomènes peuvent apparaître :

  • augmentation de l’aversion au risque ;
  • ventes motivées par la peur plutôt que par les fondamentaux ;
  • hausse de la volatilité ;
  • réévaluation rapide des valorisations.

C’est pourquoi les marchés entrent souvent dans une phase où les mouvements deviennent particulièrement difficiles à interpréter.

Quel prix regarder et pourquoi

Dans les périodes de stress, certains indicateurs permettent de contextualiser les mouvements.

Le VIX

Le VIX mesure les anticipations de volatilité sur le marché américain.

Selon les données présentées, il a progressé de 109 % sur la semaine, soit la troisième plus forte hausse hebdomadaire jamais enregistrée.

Les épisodes comparables cités incluent notamment :

  • plusieurs occurrences durant la crise financière de 2008 ;
  • plusieurs épisodes lors de la crise sanitaire de 2020.

Une forte hausse du VIX traduit généralement une montée importante de l’incertitude et de la demande de protection sur les marchés.

Les corrections rapides

Les données mentionnées indiquent que, historiquement, après une correction supérieure à 10 % en deux jours, les marchés ont affiché des performances positives à un, trois et cinq ans.

Toutefois, l’exemple de la crise financière de 2008 rappelle qu’une première baisse importante n’exclut pas d’autres phases de recul ultérieures.

L’histoire fournit donc des tendances statistiques, mais jamais de garanties.

Pourquoi les repères historiques peuvent être trompeurs

Les statistiques de marché sont utiles pour prendre du recul, mais elles doivent être interprétées avec prudence.

Chaque période de stress possède ses propres caractéristiques :

  • contexte économique ;
  • politique monétaire ;
  • situation géopolitique ;
  • valorisations de départ ;
  • confiance des investisseurs.

Les performances observées dans le passé permettent d’identifier certaines régularités, mais elles ne préjugent pas de l’évolution future.

C’est particulièrement vrai lors des phases de volatilité extrême, où les marchés réagissent souvent à des informations nouvelles et à des changements rapides d’anticipations.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

La séance du 7 avril illustre parfaitement la différence entre fondamentaux économiques et mécanique de marché.

Les fondamentaux concernent :

  • la croissance économique ;
  • les bénéfices des entreprises ;
  • les taux d’intérêt ;
  • l’inflation.

La mécanique de marché englobe notamment :

  • les appels de marge ;
  • les couvertures de portefeuille ;
  • les ajustements algorithmiques ;
  • les flux de capitaux.

Lors des périodes de tension, cette mécanique peut temporairement amplifier les mouvements au-delà de ce que justifieraient les seuls fondamentaux.

C’est souvent dans ces phases que les écarts entre perception et réalité économique deviennent les plus importants.

Que retenir pour les investisseurs ?

Les épisodes de forte volatilité rappellent plusieurs principes fondamentaux.

Pour les investisseurs déjà exposés

Les mouvements de marché peuvent être particulièrement violents à court terme. Les décisions prises sous l’effet de l’émotion sont souvent celles qui méritent le plus de recul.

Pour les investisseurs disposant de liquidités

Les périodes de peur généralisée sont historiquement celles où les valorisations deviennent les plus attractives. Cela ne signifie pas que le point bas est atteint, mais que les opportunités commencent souvent à apparaître lorsque le pessimisme domine.

Pour tous les investisseurs

La volatilité représente simultanément :

  • un risque de perte à court terme ;
  • une source potentielle d’opportunités à long terme.

L’enjeu consiste moins à prévoir le prochain mouvement qu’à conserver une stratégie cohérente avec son horizon d’investissement.

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