Baisse du dollar : pourquoi votre performance réelle peut être très différente de celle des marchés

September 25, 2025

Les faits de marché

À l’approche de la publication des relevés de gestion du troisième trimestre, de nombreux investisseurs vont comparer les performances de leur portefeuille avec celles des grands indices boursiers.

Sur le papier, les résultats apparaissent favorables :

  • CAC 40 : +6 %
  • Euro Stoxx : +12 %
  • S&P 500 : +12 %
  • Nasdaq : +16 %

Après les épisodes de volatilité observés au printemps, ces chiffres peuvent laisser penser à une année globalement positive.

Pourtant, la performance réellement perçue par un investisseur dépend aussi de la devise dans laquelle son placement est libellé et de l’évolution des taux de change.

Pourquoi le rendement affiché peut être trompeur

L’un des principaux pièges pour les investisseurs internationaux réside dans la confusion entre performance de l’actif et performance après conversion monétaire.

L’exemple présenté met en évidence cette distinction.

Pour un même fonds :

  • Part EUR : +4 %
  • Part USD : +4 %, mais environ -7 % après conversion en euro
  • Part USD Hedged : -8 %

À première vue, ces résultats peuvent sembler contradictoires puisqu’ils concernent le même actif sous-jacent.

En réalité, ils reflètent des expositions différentes au risque de change.

La performance d’un investissement international ne dépend pas uniquement de l’évolution de l’actif détenu. Elle dépend également de la variation de la devise dans laquelle cet actif est valorisé.

Lorsque le dollar se déprécie face à l’euro, un investisseur européen peut voir une partie de sa performance effacée lors de la conversion.

Quel prix regarder et pourquoi

Pour un investisseur européen, la performance la plus pertinente est généralement celle exprimée dans sa devise de référence.

Deux fonds investissant dans les mêmes actifs peuvent afficher des résultats très différents selon la manière dont le risque de change est traité.

C’est pourquoi la seule comparaison des performances en devise locale peut conduire à des conclusions incomplètes.

La question essentielle n’est pas uniquement : « combien l’actif a-t-il progressé ? »

Elle est aussi : « dans quelle devise cette performance est-elle mesurée ? »

Comprendre la mécanique des parts couvertes

Le terme « hedged » est souvent interprété comme une protection générale contre le risque de change.

Or, la couverture dépend du point de vue de l’investisseur concerné.

Dans l’exemple présenté :

  • Une part USD Hedged protège un investisseur dont la devise de référence est le dollar contre les variations de l’euro.
  • Elle ne couvre pas nécessairement un investisseur européen contre une baisse du dollar.

Cette distinction peut créer des surprises lors de la lecture des performances.

Selon les éléments fournis, la couverture la plus pertinente pour un investisseur français aurait été une part EUR Hedged par rapport au dollar.

Dans ce cas précis, une telle structure aurait affiché une performance de +15 %.

La mécanique du change, étape par étape

Lorsqu’un investisseur européen achète un actif américain non couvert :

  1. Il convertit ses euros en dollars.
  2. L’actif évolue en dollars.
  3. La valeur finale est reconvertie en euros.

Le résultat dépend donc de deux variables :

  • la performance de l’actif ;
  • l’évolution du taux de change entre l’euro et le dollar.

Une hausse de l’actif peut être réduite, neutralisée ou amplifiée par les mouvements de devise.

C’est cette combinaison qui explique pourquoi des investisseurs exposés au même fonds peuvent obtenir des résultats sensiblement différents.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

L’évolution récente met en lumière un aspect souvent sous-estimé de l’investissement international : le risque de change.

La progression des marchés actions américains depuis le début de l’année constitue une réalité observable dans les indices. Toutefois, la performance effectivement perçue par un investisseur européen dépend également de la trajectoire du dollar.

Cette distinction rappelle que l’analyse d’un portefeuille ne se limite pas à la sélection des actifs. La devise de référence et les modalités de couverture peuvent avoir un impact significatif sur le résultat final.

Décider de couvrir ou non le risque de change relève donc d’un choix d’allocation qui dépend notamment de l’horizon d’investissement et du scénario envisagé pour les devises.

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