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Diesel : la pénurie de raffinage qui frappe le transport mondial

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Diesel : la pénurie de raffinage qui frappe le transport mondial

September 15, 2026

Diesel : la pénurie de raffinage qui frappe le transport mondial

Le prix du diesel atteint des sommets historiques, révélant une crise de raffinage bien plus qu'une pénurie de pétrole brut. Alors que le Brent dépasse à nouveau les 100 dollars le baril, les exportations de diesel russes et du Golfe se sont effondrées de 76 % en un an, créant des chocs en cascade dans les chaînes logistiques mondiales et les marges des entreprises.

À retenir

  • Le diesel s'échange à des niveaux historiques : plus de 5 dollars le gallon en gros aux États-Unis, reflétant une pénurie d'offre de raffinage plutôt que de brut.
  • Les dégâts aux raffineries russes et les perturbations géopolitiques dans le Golfe ont réduit les exportations mondiales de 2,2 millions de barils à 520 000 barils par jour en un an.
  • L'impact s'étend au-delà du transport : agriculture, construction, rail et chaîne du froid absorbent ou répercutent ces coûts, alimentant l'inflation tout en freinant l'activité.

Un marché sous tension : les chiffres du diesel

Le prix du diesel atteint des niveaux rarement observés. Aux États-Unis, les contrats à terme sur le diesel américain ont dépassé la barre des 5 dollars le gallon, soit environ 1,14 euro le litre en termes de gros avant taxes. À la pompe, le diesel affichait 5,46 dollars le gallon en moyenne en août, dépassant les 6 dollars en septembre. En France, le gazole atteignait environ 2,30 euros le litre, charges comprises.

Pour contextualiser, le Brent évolue désormais 45 % au-dessus de son niveau d'avant-guerre, établissant de nouveaux planchers de prix qui pèsent sur toutes les économies dépendantes du pétrole.

Pourquoi le diesel, maillon faible du pétrole ?

Une crise de raffinage, non de ressources

Le marché pétrolier souffre avant tout d'une insuffisance de capacité de raffinage. La Russie, qui assurait près de 10 % du commerce mondial de produits pétroliers finis, a vu ses raffineries endommagées par les frappes ukrainiennes et a restreint ses exportations en conséquence. Les exportations russes et du Golfe Persique ont chuté spectaculairement : de 2,2 millions de barils par jour il y a un an à seulement 520 000 barils par jour en août, soit une baisse de 76 %.

Dans le Golfe, la géopolitique aggrave l'offre. Les perturbations dans les détroits stratégiques d'Ormuz et de Bab el-Mandeb freinent les exportations de produits finis. La fermeture de Bab el-Mandeb fragilise en retour la route de la mer Rouge, alternative contournant Ormuz, créant une double vulnérabilité.

La Chine amplifie cette tension : elle importe et raffine moins de brut, réduisant simultanément ses ventes de diesel sur le marché mondial.

Les limites de l'ajustement

Les réserves stratégiques libérées contiennent essentiellement du brut. Elles ne répondent donc pas au déficit spécifique de diesel. Les raffineries pourraient théoriquement favoriser le diesel au détriment d'autres produits comme le kérosène, mais seulement de quelques points de pourcentage. Face à un marché mondial consommant 29,5 millions de barils par jour, cet ajustement ne suffit pas à combler le vide.

Du réservoir au portefeuille : la transmission du choc

Transport routier : l'épine dorsale exposée

Le transport routier absorbe plus de la moitié de la consommation mondiale de diesel. Aux États-Unis, cette dépendance s'intensifie : le pays cumule de longues distances, un poids élevé du camion dans le fret et des exportations vers un marché mondial déficitaire.

Les entreprises de transport disposant de clauses carburant répercutent une partie du choc sur leurs clients. Les petites et moyennes entreprises, moins capables de négocier leurs tarifs ou fonctionnant sans mécanisme d'ajustement automatique, doivent absorber la hausse dans leurs marges et leur trésorerie. Ce mécanisme comprime directement leur rentabilité.

Un choc systémique bien au-delà du transport

L'agriculture cumule deux expositions : le carburant de ses engins et le transport de ses récoltes. La construction, les carrières, les livraisons, la chaîne du froid et la collecte des déchets sont également très dépendantes du diesel à des prix compétitifs.

Le rail américain mérite une mention particulière : il fonctionne presque entièrement au diesel et les compagnies appliquent des surcharges carburant. L'Europe, largement électrifiée, dispose d'une résilience supérieure face à ce choc.

Inflation versus activité économique

Le prix du diesel alimente un mécanisme complexe. Selon le pouvoir de négociation de chaque acteur, le choc comprime les marges, relève les prix de vente, ou détruit de la demande. Ces trois trajectoires coexistent : certains répercutent (inflation), d'autres absorbent (compression de marge), certains abandonnent des projets ou réduisent les quantités (ralentissement de l'activité). Ce mélange fait du diesel un vecteur simultané d'inflation et de frein économique, compliquant la trajectoire macroéconomique.

Conclusion : un choc géopolitique devenu économique

La flambée du diesel illustre comment un choc géopolitique de raffinage se diffuse progressivement à travers l'économie réelle. De l'offre mondiale aux marges des transporteurs, en passant par les prix aux consommateurs et la viabilité des petites entreprises, le diesel agit comme un amplificateur des tensions macroéconomiques. Son coût exorbitant ne reflète pas une rareté absolue de pétrole, mais une rupture d'équilibre dans les capacités de transformation.

Ceci n'est pas un conseil en investissement.

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