February 26, 2026

Le discours présidentiel a abordé plusieurs thèmes centraux : inflation, emploi, immigration, institutions, santé et fiscalité.
Sur les prix, il a été affirmé que le coût de plusieurs biens et services — alimentation, hôtels, automobiles ou loyers — serait désormais inférieur au niveau observé au début du mandat.
Concernant l’emploi, le discours souligne que le nombre de personnes travaillant aux États-Unis atteint un niveau record historique.
Sur l’immigration, l’exécutif met en avant des expulsions de migrants illégaux à des niveaux record.
Le discours aborde également les élections américaines, avec des accusations répétées de fraude électorale présentée comme “rampante”.
Enfin, plusieurs engagements ont été réaffirmés concernant la protection des programmes sociaux et la baisse du coût des médicaments, ainsi que des propositions fiscales portant notamment sur les pourboires, les heures supplémentaires et la fiscalité des retraités.
Les données disponibles montrent une situation plus contrastée sur l’inflation.
Les prix alimentaires restent en hausse d’environ +2 % sur un an.
L’indicateur PCE, mesure d’inflation privilégiée par la Réserve fédérale, évolue autour de 2,9 %, soit encore au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par la Fed.
Les droits de douane auraient également contribué à l’inflation à hauteur d’environ 0,5 point selon les estimations évoquées.
Autrement dit, la désinflation se poursuit, mais le retour complet à la stabilité des prix apparaît encore incomplet.
Pour les marchés, cette nuance reste importante car elle influence directement les anticipations de politique monétaire.
Le niveau total d’emploi atteint effectivement un record historique.
Cette évolution reste néanmoins cohérente avec la croissance démographique américaine et ne reflète pas nécessairement une accélération récente du marché du travail.
La création nette d’emplois en 2025 ressort autour de 15 000 par mois, nettement en dessous des moyennes historiques souvent situées entre 100 000 et 250 000 créations mensuelles.
Le taux de chômage apparaît également légèrement plus élevé qu’au début du mandat.
Le marché du travail américain reste donc relativement résilient, mais les indicateurs suggèrent une phase de ralentissement progressif plutôt qu’une accélération.
Le sujet migratoire repose sur plusieurs catégories statistiques différentes.
Les “removals” correspondent aux expulsions formelles exécutées par les autorités fédérales.
Les “returns” désignent les renvois effectués directement à la frontière.
S’ajoutent également les départs volontaires ou “self-deportations”, liés à la pression administrative, ainsi que les statuts révoqués sans expulsion physique immédiate.
Selon les méthodes de comptabilisation retenues, les chiffres d’expulsions varient fortement, entre environ 540 000 et 620 000 selon les sources mentionnées.
Cette diversité méthodologique explique pourquoi les comparaisons directes restent souvent difficiles.
Les accusations répétées de fraude électorale massive restent un sujet particulièrement sensible.
Les audits et données disponibles évoquent néanmoins des cas considérés comme marginaux, parfois de l’ordre de 0,02 % dans certaines analyses citées.
Le sujet dépasse cependant le simple débat statistique.
Les marchés surveillent surtout le risque de contestation politique autour des prochaines élections de mi-mandat.
Une remise en cause anticipée des résultats électoraux pourrait alimenter un climat d’incertitude institutionnelle, facteur généralement peu apprécié par les investisseurs.
Le discours réaffirme le soutien aux grands programmes sociaux américains : Social Security, Medicare et Medicaid.
Mais certaines mesures budgétaires pourraient réduire la couverture de plusieurs millions d’Américains à horizon 2026-2027 si certaines subventions actuelles ne sont pas prolongées.
Concernant les médicaments, les affirmations évoquant des baisses de prix “de 300 à 600 %” ne sont pas cohérentes d’un point de vue mathématique.
Sur le plan fiscal, plusieurs propositions portent sur l’exonération des pourboires, des heures supplémentaires ou d’une partie des revenus liés à la retraite.
Ces mesures apparaissent toutefois souvent temporaires ou partielles.
Enfin, l’idée selon laquelle les droits de douane pourraient remplacer largement l’impôt sur le revenu reste fortement débattue sur le plan économique.
À l’approche des élections de mi-mandat, les marchés se concentrent surtout sur la trajectoire des indicateurs économiques.
Le niveau absolu des données importe souvent moins que leur direction.
Un ralentissement progressif de l’inflation, une stabilisation du marché du travail ou une dégradation plus rapide de la consommation peuvent modifier rapidement les anticipations politiques et financières.
Dans ce contexte, le débat public autour des statistiques économiques devrait rester particulièrement intense dans les prochains mois.