États-Unis : le marché du travail montre ses premières fissures

March 9, 2026

Les faits de marché

Le rapport de février montre plusieurs signes de ralentissement :

  • nonfarm payrolls : -92 000 ;
  • consensus attendu : +55 000 ;
  • taux de chômage : 4,4 % contre 4,3 % en janvier.

La tendance devient également plus faible sur plusieurs mois :

  • moyenne des créations d’emplois sur trois mois proche de 6 000 par mois ;
  • contre environ 50 000 précédemment.

Autre signal important :

  • le taux de participation recule à 62 % ;
  • son plus bas niveau depuis 2021.

Les pertes d’emplois concernent plusieurs secteurs :

  • santé ;
  • loisirs ;
  • construction ;
  • transport ;
  • industrie.

Une faiblesse partiellement temporaire

Une partie du ralentissement provient de facteurs ponctuels.

Conditions météorologiques

Des conditions hivernales sévères ont perturbé certaines activités économiques en février.

Grève dans la santé

Le secteur de la santé a également été affecté par des mouvements sociaux.

Ces éléments peuvent temporairement dégrader les statistiques mensuelles.

Mais le signal devient plus large

Le point important est que le ralentissement dépasse désormais ces seuls facteurs temporaires.

Diffusion plus faible des créations d’emplois

Le marché du travail ralentit dans plusieurs secteurs simultanément.

La dynamique de création d’emplois devient moins concentrée et moins robuste.

Moyenne trimestrielle proche de zéro

La moyenne sur trois mois devient particulièrement surveillée.

Un rythme proche de zéro suggère que l’économie américaine se rapproche du seuil nécessaire :

  • pour stabiliser le chômage ;
  • sans véritable création nette d’emplois.

Le marché du travail cesse donc progressivement d’être un moteur de croissance aussi solide qu’en 2024–2025.

Les salaires restent encore élevés

Malgré ce ralentissement :

  • les salaires progressent encore d’environ +3,8 % sur un an.

Cela traduit une situation plus complexe qu’un simple choc récessif.

Le marché du travail :

  • ralentit ;
  • mais reste relativement tendu sur certains segments.

Cette combinaison complique fortement la lecture de la Fed.

Pourquoi cela devient un sujet pour la Fed

Jusqu’ici, la Réserve fédérale pouvait justifier une posture prudente grâce à :

  • une croissance relativement résiliente ;
  • un marché du travail encore solide.

Le rapport de février remet partiellement en cause ce scénario.

Le dilemme devient plus difficile

La banque centrale doit désormais arbitrer entre :

Un ralentissement de l’emploi

  • créations plus faibles ;
  • hausse du chômage ;
  • participation en baisse.

Et un risque inflationniste toujours présent

Le choc énergétique continue d’alimenter :

  • les prix de l’énergie ;
  • les anticipations d’inflation ;
  • les tensions sur les coûts.

Le marché ne sait donc plus clairement si la priorité de la Fed restera :

  • le soutien à la croissance ;
  • ou la crédibilité sur l’inflation.

Pourquoi les marchés deviennent plus sensibles

Dans ce type d’environnement, chaque publication macroéconomique prend davantage d’importance.

Le marché devient particulièrement sensible :

  • aux chiffres d’inflation ;
  • aux données sur l’emploi ;
  • aux anticipations de taux.

Le calendrier des futures baisses de taux devient plus incertain.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Le principal changement est probablement celui-ci :

le marché du travail américain cesse progressivement d’être un pilier incontesté de la croissance.

Pendant plusieurs années, la solidité de l’emploi a permis :

  • de soutenir la consommation ;
  • d’absorber le resserrement monétaire ;
  • de maintenir une activité relativement stable.

Le contexte devient désormais plus fragile :

  • ralentissement de l’emploi ;
  • énergie plus chère ;
  • conditions financières plus restrictives ;
  • marges de manœuvre monétaires plus limitées.

Le marché entre donc dans une phase où :

  • la croissance ralentit ;
  • sans que les risques inflationnistes disparaissent complètement.

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