February 3, 2026

Donald Trump a annoncé un accord commercial visant à réduire les droits de douane appliqués à l’Inde, avec un passage d’environ 50 % à 18 %.
Cet allègement tarifaire est conditionné à une réduction des achats indiens de pétrole russe.
Narendra Modi reste toutefois prudent sur les engagements énergétiques pris par New Delhi. L’accord prévoit également un renforcement des achats indiens de produits américains.
Le message apparaît relativement clair côté américain : davantage d’accès commercial en échange d’une réduction de la dépendance énergétique à la Russie.
Côté indien, la communication reste plus nuancée, reflétant une volonté de préserver une certaine autonomie stratégique.
L’économie indienne continue d’afficher une forte dynamique, soutenue par plusieurs moteurs :
Le pays investit massivement dans les routes, le rail, la logistique et les data centers, dans le cadre d’un important cycle de dépenses publiques.
Le marché intérieur bénéficie également de deux soutiens structurels :
Dans ce contexte, la stratégie “Make in India” occupe une place centrale.
L’objectif est de faire de l’Inde une plateforme industrielle capable d’attirer davantage de chaînes de production mondiales.
Pour l’instant, le modèle reste principalement centré sur :
La dépendance aux composants importés demeure importante, mais l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales progresse progressivement.
La priorité semble moins être de maîtriser immédiatement toute la chaîne industrielle que d’attirer d’abord les capacités de production.
Malgré cette dynamique, plusieurs fragilités structurelles restent présentes.
Le pays fait notamment face à :
Le capex désigne les dépenses d’investissement réalisées par l’État ou les entreprises pour développer leurs capacités de production ou leurs infrastructures.
Sur le plan géopolitique, l’Inde continue de privilégier une approche pragmatique et multi-alignée.
Le partenariat stratégique avec les États-Unis se renforce, sans pour autant déboucher sur un alignement complet. En parallèle, la relation entre l’Union européenne et l’Inde prend une importance croissante dans la stratégie européenne de diversification post-Chine.
L’exposition à la Russie semble se réduire progressivement, mais New Delhi conserve une logique de flexibilité diplomatique visant à maximiser ses options dans un environnement international plus fragmenté.
Cette capacité à maintenir des relations avec plusieurs blocs devient aujourd’hui un élément central du positionnement indien.