La BCE réussit (presque) son soft landing

September 12, 2025

Les faits de marché

La situation économique de la zone euro est souvent résumée à travers le Misery Index, un indicateur qui additionne le taux de chômage et l’inflation.

Son principe est simple : plus le niveau combiné de ces deux variables est faible, plus les conditions économiques sont généralement perçues comme favorables par la population.

Selon les éléments présentés, cet indice est revenu à des niveaux historiquement bas en zone euro.

Deux facteurs expliquent cette évolution :

  • une inflation désormais proche de l’objectif de 2 % fixé par la BCE ;
  • un taux de chômage autour de 6,5 %, proche de ses plus bas niveaux historiques.

Cette combinaison est particulièrement notable après plusieurs années marquées par un choc inflationniste majeur et un resserrement monétaire rapide.

Pourquoi parle-t-on de « soft landing » ?

Un soft landing désigne une situation dans laquelle une banque centrale parvient à ralentir l’inflation sans provoquer de récession profonde ni de forte montée du chômage.

Dans le cas de la zone euro, les données disponibles montrent :

Une inflation sous contrôle

Les anticipations d’inflation restent relativement stables.

Les breakevens allemands à dix ans — indicateurs suivis pour mesurer les anticipations d’inflation de marché — évoluent sous le seuil de 2 % selon les éléments fournis.

Cette situation suggère que les investisseurs considèrent le retour à la stabilité des prix comme crédible.

Un marché du travail résilient

Malgré la hausse des taux menée par la BCE, le chômage demeure faible.

La zone euro a ainsi évité une détérioration comparable à celle observée lors de la crise des dettes souveraines entre 2011 et 2013.

Un secteur bancaire renforcé

Les banques européennes bénéficient également d’une amélioration de leur perception par les marchés.

Selon les données présentées, elles sont désormais valorisées au-dessus de leur valeur comptable, un changement notable après plusieurs années de décote persistante.

Les fragilités qui demeurent

Malgré ces avancées, plusieurs facteurs limitent l’optimisme.

Un environnement politique plus instable

Les éléments fournis mettent en avant une montée des tensions politiques dans plusieurs pays européens.

La France est confrontée à des difficultés de gouvernance budgétaire, tandis que d’autres pays connaissent également des débats politiques plus polarisés.

Cette évolution contribue à alimenter un climat de défiance susceptible d’influencer les décisions économiques et les investissements.

Une croissance toujours modeste

La désinflation ne s’est pas accompagnée d’une forte accélération de l’activité.

L’économie européenne reste décrite comme dépendante du commerce international et du soutien budgétaire.

Cette situation limite les marges de manœuvre en cas de choc économique.

Des tensions sociales persistantes

Même si l’inflation ralentit, les questions liées au pouvoir d’achat et aux inégalités continuent d’alimenter certaines préoccupations.

Le retour à une inflation plus faible ne signifie pas nécessairement que les effets des hausses de prix passées ont disparu du ressenti des ménages.

La BCE a-t-elle terminé son travail ?

Selon les éléments présentés, la Banque centrale européenne aurait achevé son cycle de baisse des taux.

Les investisseurs n’anticipent donc pas de nouvel assouplissement monétaire à court terme.

Cette situation marque une transition importante.

Pendant plusieurs années, la politique monétaire a constitué le principal levier d’ajustement économique. Désormais, l’attention se déplace davantage vers les politiques budgétaires nationales et vers l’évolution du contexte politique européen.

L’enjeu devient moins la lutte contre l’inflation que la préservation de la stabilité obtenue.

Pourquoi les marchés européens en profitent

Des performances solides depuis le début de l’année

Les marchés actions européens ont enregistré une progression notable :

  • Euro Stoxx 600 : +9,6 % depuis le début de l’année ;
  • DAX : +19 % ;
  • Pologne : +45 %.

Ces performances reflètent un environnement économique jugé plus stable qu’au cours des années précédentes.

Une valorisation plus modérée qu’aux États-Unis

Les actions européennes se négocient autour de 14,4 fois les bénéfices selon les éléments fournis.

À titre de comparaison, le S&P 500 affiche un multiple d’environ 22,5 fois les bénéfices.

Cet écart continue d’alimenter le débat sur l’attractivité relative des marchés européens.

Des perspectives encore positives

Les stratégistes mentionnés dans les éléments disponibles anticipent un potentiel de progression supplémentaire compris entre 5 % et 9 % sur douze mois.

Les secteurs bancaires, énergétiques et industriels figurent parmi les principaux bénéficiaires potentiels de ce scénario.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

La zone euro présente aujourd’hui un profil inhabituel.

L’inflation est revenue vers sa cible, le chômage reste faible et les banques bénéficient d’un environnement plus favorable. Ces éléments constituent les fondements du scénario de soft landing.

Toutefois, les défis n’ont pas disparu.

La croissance reste modérée, les tensions politiques demeurent élevées dans plusieurs pays et les finances publiques continuent de faire l’objet d’une attention accrue.

Les marchés semblent aujourd’hui privilégier les progrès réalisés sur le front monétaire tout en restant attentifs aux risques budgétaires et politiques qui pourraient influencer la prochaine phase du cycle européen.

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