La Chine bat des records, mais…

December 3, 2025

Les faits de marché

Les données de 2025 montrent un excédent commercial chinois proche de 1 000 milliards de dollars.

Ce niveau constituerait un record historique et dépasserait celui enregistré par les États-Unis dans l’après-guerre.

Dans le même temps, les importations chinoises restent inférieures à leurs niveaux de 2021.

Cette évolution interroge car la stratégie économique chinoise reposait officiellement depuis plusieurs années sur un rééquilibrage progressif vers la demande intérieure.

Or, plusieurs indicateurs témoignent d’un ralentissement persistant de l’activité domestique.

Le PMI manufacturier — indicateur mesurant l’activité industrielle — reste sous le seuil des 50 points pour le huitième mois consécutif, ce qui correspond à une phase de contraction.

Les services et la construction repassent également en territoire négatif.

Le secteur immobilier continue de peser fortement sur l’économie. Les difficultés du marché résidentiel réduisent les investissements liés à la construction et affectent directement la consommation de matières premières.

Dans ce contexte, les besoins en acier, cuivre ou ciment diminuent, entraînant mécaniquement une baisse des importations associées.

Pourquoi les importations baissent

La faiblesse des importations chinoises semble résulter de plusieurs dynamiques simultanées.

La première concerne le ralentissement de la demande intérieure.

La consommation apparaît plus prudente tandis que la crise immobilière continue d’affecter une partie importante de l’économie.

Le deuxième facteur repose sur la substitution industrielle.

La Chine produit désormais localement une part croissante de biens auparavant importés.

Cette évolution concerne notamment :

  • l’électronique ;
  • les machines-outils ;
  • le matériel médical ;
  • l’automobile.

Autrement dit, une partie de la baisse des importations reflète moins un effondrement de l’activité qu’une montée en puissance continue du “Made in China”.

Enfin, la contraction du secteur immobilier réduit fortement les besoins en matières premières et équipements liés au bâtiment.

La combinaison de ces facteurs aboutit à des importations durablement comprimées malgré la taille de l’économie chinoise.

Pourquoi les exportations continuent d’exploser

À l’inverse, les exportations chinoises poursuivent leur progression.

La Chine semble désormais occuper simultanément plusieurs segments de la chaîne de valeur mondiale :

  • produits textiles ;
  • jouets ;
  • biens manufacturés traditionnels ;
  • batteries ;
  • véhicules électriques ;
  • technologies de l’information ;
  • équipements solaires.

Cette coexistence entre production “low-tech” et “high-tech” apparaît relativement rare à l’échelle historique.

Le modèle industriel chinois continue également de fonctionner selon une logique de réinvestissement massif des excédents commerciaux dans les capacités de production.

Cette dynamique favorise :

  • des volumes importants ;
  • des prix compétitifs ;
  • des gains continus de parts de marché mondiales.

Plusieurs éléments renforcent encore cette compétitivité :

  • un yuan relativement faible ;
  • une logistique industrielle très développée ;
  • des coûts énergétiques jugés plus favorables.

Les exportations restent ainsi très compétitives malgré les droits de douane américains.

Dans ce contexte, le commerce extérieur devient un moteur central de la croissance chinoise, représentant près d’un tiers de celle-ci en 2025 selon les éléments mentionnés.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Le paradoxe chinois de 2025 devient de plus en plus visible.

D’un côté, plusieurs piliers traditionnels de la croissance intérieure montrent des signes de faiblesse :

  • immobilier en crise ;
  • consommation prudente ;
  • ralentissement industriel domestique ;
  • baisse de certaines importations.

De l’autre, l’appareil industriel chinois continue de gagner des parts de marché mondiales grâce à des capacités de production considérables et une forte compétitivité.

Cette situation accentue les tensions commerciales internationales.

Les partenaires de la Chine s’inquiètent progressivement des surcapacités industrielles chinoises, capables de peser sur les prix mondiaux dans plusieurs secteurs stratégiques.

Le débat dépasse donc désormais la seule question de la croissance chinoise.

Il concerne aussi l’équilibre du commerce mondial et la capacité des autres économies à absorber durablement un modèle chinois fondé sur des excédents commerciaux toujours plus importants.

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