February 27, 2026

L’écart entre les exportations déclarées par la Chine vers les États-Unis et les importations enregistrées côté américain atteint environ 112 milliards de dollars, un plus haut historique.
Selon les estimations évoquées, jusqu’à 20 à 25 % des flux concernés pourraient échapper en partie aux droits de douane.
Dans le même temps, les statistiques officielles montrent une baisse marquée des importations directes américaines depuis la Chine.
Mais parallèlement, les flux commerciaux transitant par le Vietnam, le Mexique ou encore certains canaux liés au e-commerce progressent fortement.
Cette évolution suggère que le commerce sino-américain ne disparaît pas nécessairement, mais qu’il emprunte progressivement d’autres routes logistiques ou juridiques.
Un écart entre les statistiques commerciales de deux pays n’implique pas automatiquement une fraude.
Plusieurs facteurs techniques peuvent expliquer une partie du différentiel.
Les méthodes de comptabilisation diffèrent parfois entre exportations et importations. Les données FOB (“Free On Board”) valorisent les marchandises au départ du pays exportateur, tandis que les données CIF (“Cost, Insurance and Freight”) incluent également certains coûts de transport et d’assurance.
Des délais d’enregistrement ou des réexportations via des pays tiers peuvent également créer des écarts statistiques.
Mais l’ampleur et l’accélération récente du différentiel coïncident avec la montée des droits de douane et avec le développement de schémas plus complexes d’organisation commerciale.
Parmi les mécanismes évoqués figurent notamment la sous-facturation, les sociétés écrans ou encore le transit par des pays intermédiaires.
Le point central est que les chaînes d’approvisionnement mondiales semblent davantage se reconfigurer que disparaître.
Une partie du découplage observé entre les États-Unis et la Chine apparaît réelle. Mais une autre partie pourrait relever d’un redéploiement statistique ou logistique des flux commerciaux.
Lorsque les barrières douanières augmentent, les entreprises ont davantage d’incitations à optimiser leurs chaînes d’approvisionnement.
Cette adaptation peut prendre plusieurs formes : relocalisation partielle, assemblage dans des pays tiers, changement des circuits logistiques ou ajustement des structures juridiques utilisées pour le commerce international.
La politique commerciale crée donc mécaniquement une prime à l’ingénierie douanière.
Plus les écarts de coûts deviennent importants, plus les entreprises cherchent à réduire l’impact des droits de douane sur leurs marges.
Ce phénomène contribue à rendre la lecture des statistiques commerciales plus complexe.
Les flux observés dans les données officielles ne reflètent pas toujours parfaitement la réalité économique sous-jacente des chaînes de production mondiales.
Cette situation peut avoir plusieurs implications économiques.
D’abord, les recettes fiscales liées aux droits de douane peuvent être inférieures aux attentes si une partie des flux échappe effectivement aux dispositifs tarifaires.
Ensuite, des distorsions concurrentielles peuvent apparaître entre les entreprises qui appliquent strictement les règles commerciales et celles qui utilisent des mécanismes de contournement ou d’optimisation.
Le sujet touche également à l’interprétation du déficit commercial américain.
Si une partie des importations chinoises transite désormais par des pays tiers, les statistiques peuvent donner l’impression d’une diversification géographique plus importante qu’elle ne l’est réellement.
Enfin, cette dynamique peut renforcer les pressions politiques en faveur d’un durcissement des contrôles douaniers et réglementaires.
Mais cette réponse risque également d’accroître la complexité administrative du commerce international.
Les marchés surveillent désormais moins uniquement les flux directs entre les États-Unis et la Chine que l’évolution globale des chaînes d’approvisionnement.
Les données commerciales du Vietnam, du Mexique ou de certaines plateformes de e-commerce deviennent particulièrement observées.
Les investisseurs cherchent surtout à mesurer si les tensions commerciales modifient réellement la géographie industrielle mondiale ou si elles déplacent principalement les circuits statistiques et logistiques.
Cette distinction est importante pour évaluer les effets durables du découplage économique sino-américain.