May 11, 2026

Les États-Unis ont créé environ 115 000 emplois en avril, après 185 000 en mars selon les chiffres révisés.
Le taux de chômage reste stable à 4,3 %.
En parallèle, le taux de participation recule à 61,8 %, son niveau le plus bas depuis 2021.
Les créations d’emplois restent principalement concentrées dans :
Les salaires progressent de +3,6 % sur un an, soit légèrement moins vite que l’inflation actuelle liée au choc pétrolier.
Cette combinaison traduit un marché du travail qui ralentit progressivement sans se détériorer brutalement.
Depuis près de deux ans, le marché du travail américain fonctionnait dans une logique particulière : peu d’embauches, mais également peu de licenciements.
De nombreuses entreprises conservaient leurs salariés par prudence, même sans accélération significative de leur activité.
Les dernières données suggèrent toutefois un changement progressif de régime.
Le marché semble évoluer d’un modèle :
Autrement dit, les recrutements reprennent modestement, tandis que les licenciements restent relativement contenus.
Cette évolution peut être interprétée comme un signe de normalisation progressive. Un marché du travail totalement figé limite généralement la mobilité économique, la réallocation des compétences et certains gains de productivité.
Un marché qui recommence à bouger peut donc apparaître plus sain, même sans forte accélération de l’emploi.
Le rapport sur l’emploi reste néanmoins contrasté.
Le maintien du chômage à 4,3 % s’explique aussi en partie par la baisse du taux de participation. Une partie des travailleurs quitte progressivement le marché de l’emploi, ce qui limite mécaniquement la hausse du chômage officiel.
D’autres indicateurs montrent également certaines fragilités :
Le sujet de l’intelligence artificielle reste également présent en arrière-plan.
Certaines entreprises technologiques réduisent leurs effectifs tout en augmentant leurs investissements dans :
À ce stade, les chiffres ne montrent toutefois pas de destruction massive de l’emploi à l’échelle de l’économie américaine.
Pour les marchés actions, ce type de rapport reste globalement favorable.
L’économie continue de créer suffisamment d’emplois pour soutenir la consommation, sans générer de fortes tensions salariales susceptibles de relancer fortement l’inflation.
Cette situation renforce l’idée d’un ralentissement maîtrisé plutôt qu’un scénario de récession brutale.
Pour la Réserve fédérale, le rapport soutient également une logique de statu quo. Le marché du travail ralentit, mais sans cassure visible, ce qui réduit l’urgence d’un assouplissement rapide de la politique monétaire.
Les investisseurs continuent ainsi de privilégier un scénario combinant :
Cette combinaison reste l’un des principaux facteurs de résilience des actions américaines malgré le contexte de hausse des taux et de choc énergétique.
Le marché du travail américain ne semble donc plus paralysé, mais il n’entre pas non plus dans une phase d’accélération forte. Le dégel apparaît progressif, sans véritable euphorie.