Marché US : ce que disent les multiples sectoriels

March 26, 2026

Les faits de marché

Sur un an :

  • le S&P 500 progresse d’environ +15,6 % ;
  • le forward P/E se situe autour de 19,5x, proche des moyennes historiques.

Les performances sectorielles restent très différenciées :

  • énergie : +36 % ;
  • technologie : +26 % ;
  • industrielles : +24 %.

À l’inverse :

  • financières ;
  • santé ;

restent globalement stables.

Le point important est que les multiples évoluent désormais différemment selon les secteurs :

  • expansion dans l’énergie et l’industrie ;
  • contraction dans la technologie et la consommation discrétionnaire.

Le marché devient plus sélectif.

Pourquoi le “-X %” peut être trompeur

La progression du marché américain ne reflète plus une expansion généralisée des valorisations.

Le moteur change progressivement :

  • moins d’euphorie ;
  • davantage de bénéfices visibles ;
  • plus de différenciation sectorielle.

Cette évolution marque un changement de régime important.

Technologie : des bénéfices plus que des promesses

La technologie continue de surperformer.

Mais le multiple du secteur recule malgré la hausse des cours.

Le marché semble désormais distinguer :

Les bénéficiaires directs de l’IA

  • semi-conducteurs ;
  • infrastructures ;
  • centres de données.

Les segments plus sensibles aux taux

Certains logiciels apparaissent davantage pénalisés par :

  • le coût du capital ;
  • les valorisations élevées ;
  • un environnement plus sélectif.

Le thème IA reste puissant, mais il devient progressivement plus industriel que purement logiciel.

Énergie : retour de la prime stratégique

L’énergie bénéficie du retour du risque géopolitique et inflationniste.

Le marché semble réévaluer l’importance :

  • de la sécurité d’approvisionnement ;
  • des actifs physiques ;
  • des flux énergétiques.

Le secteur retrouve progressivement une dimension stratégique dans un monde plus fragmenté.

Industrielles : la réindustrialisation reprend de la valeur

Les industrielles bénéficient d’une expansion des multiples portée par plusieurs thèmes :

  • réindustrialisation ;
  • défense ;
  • infrastructures IA.

Le marché valorise davantage :

  • les capacités de production ;
  • les investissements physiques ;
  • les entreprises exposées aux dépenses d’infrastructure.

Le cycle devient plus capitalistique.

Utilities : d’actifs défensifs à infrastructures critiques

Les utilities progressent sans forte tension de valorisation.

Le secteur change progressivement de statut.

La demande électrique liée :

  • aux centres de données ;
  • aux réseaux ;
  • aux infrastructures numériques ;

renforce leur rôle stratégique.

Le marché les traite de plus en plus comme des infrastructures critiques.

Financières : valorisations basses, visibilité limitée

Les financières restent peu performantes malgré des multiples relativement faibles.

Plusieurs éléments pèsent sur le secteur :

  • courbe des taux peu favorable ;
  • incertitudes sur le crédit ;
  • risque de ralentissement économique.

Le marché reste prudent face à un environnement :

  • inflationniste ;
  • plus volatil ;
  • et potentiellement moins liquide.

Santé : un secteur défensif sans catalyseur

La santé conserve des valorisations raisonnables.

Mais le secteur manque de moteur macroéconomique clair.

Le marché l’utilise surtout comme :

  • poche défensive ;
  • stabilisateur de portefeuille.

Consommation discrétionnaire : prudence croissante

La consommation discrétionnaire affiche encore une performance positive.

Mais les multiples se contractent.

Le marché devient plus prudent face :

  • aux taux élevés ;
  • au coût de l’énergie ;
  • aux risques sur le pouvoir d’achat.

Matériaux : entre ressources critiques et cycle mondial

Le secteur reste proche de ses moyennes historiques.

Il bénéficie partiellement :

  • du thème des ressources stratégiques ;
  • des besoins industriels liés à l’IA et à l’électrification.

Mais il reste dépendant du cycle mondial.

Immobilier : toujours pénalisé par les taux

L’immobilier conserve une décote importante.

Les taux durablement élevés continuent de peser :

  • sur les valorisations d’actifs ;
  • sur les refinancements ;
  • sur le coût du capital.

Le secteur reste l’un des plus sensibles au changement de régime monétaire.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Le principal enseignement est probablement le suivant :

le marché américain ne paie plus un récit global uniforme.

Il privilégie désormais :

  • les flux de profits visibles ;
  • les actifs stratégiques ;
  • les secteurs capables d’investir dans un environnement plus contraint.

Le retour :

  • de l’énergie ;
  • de l’industrie ;
  • des infrastructures ;
  • et des utilities ;

montre un déplacement progressif du leadership boursier.

L’économie financière reste dominée par la technologie.

Mais l’économie réelle et les actifs physiques retrouvent progressivement une prime

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