Mars 2026 : le marché passe de l’euphorie à la prudence

March 19, 2026

Les faits de marché

L’enquête de Bank of America a été réalisée auprès de :

  • 210 gérants ;
  • représentant environ 589 milliards de dollars d’actifs.

Plusieurs changements importants apparaissent dans le sentiment des investisseurs.

Inflation et taux

  • 45 % net des gérants anticipent désormais une hausse de l’inflation mondiale ;
  • contre seulement 9 % le mois précédent.

Dans le même temps, l’optimisme concernant les baisses de taux tombe à son plus bas niveau depuis février 2023.

Le marché réintroduit progressivement le risque d’une “deuxième vague inflationniste”.

Croissance mondiale

L’optimisme sur la croissance ralentit fortement :

  • +7 % net ;
  • contre +39 % auparavant.

Mais seulement 5 % des gérants anticipent une récession.

Le scénario dominant devient donc celui d’un ralentissement inflationniste plutôt qu’un choc récessif brutal.

Cash

Le niveau de cash remonte à environ 4,2 % des portefeuilles.

Le signal de complaisance lié à des niveaux de liquidités trop faibles disparaît progressivement.

Rotation sectorielle

Les flux se déplacent :

  • des banques vers les staples ;
  • tandis que la consommation discrétionnaire reste fortement sous-pondérée.

Le marché devient plus prudent sur la consommation.

Trades surpeuplés

Les positions les plus “crowded” restent :

  • l’or ;
  • les semi-conducteurs mondiaux.

Enfin, 63 % des gérants considèrent le private credit et le private equity comme des sources potentielles de risque systémique.

Pourquoi le “sentiment prudent” peut être trompeur

Le point important est que les portefeuilles restent encore largement exposés au risque.

Malgré un discours plus prudent :

  • les actions restent surpondérées ;
  • les marchés émergents et le Japon continuent d’attirer des flux ;
  • l’exposition aux matières premières atteint un plus haut depuis 2022.

Autrement dit :

le sentiment devient plus baissier… mais le positionnement reste engagé.

Cette configuration peut devenir instable.

Le marché bascule vers un scénario de stagflation légère

Le changement principal est probablement macroéconomique.

Pendant plusieurs mois, le scénario dominant reposait sur :

  • désinflation ;
  • baisse des taux ;
  • croissance résiliente.

Le marché réintègre désormais une autre possibilité :

  • inflation plus persistante ;
  • croissance plus lente ;
  • banques centrales contraintes.

Ce type d’environnement favorise généralement :

  • les stratégies défensives ;
  • les actifs réels ;
  • les secteurs capables de préserver leurs marges.

Quel prix regarder et pourquoi

Les actifs sensibles aux taux redeviennent vulnérables.

Lorsque les anticipations de baisse de taux diminuent :

  • les valorisations élevées deviennent plus fragiles ;
  • le coût du capital remonte ;
  • les arbitrages changent.

Le repositionnement sectoriel observé reflète déjà cette transition.

Staples vs discretionary

Les staples regroupent les biens de consommation essentiels.

Le discretionary correspond davantage aux dépenses non essentielles.

Le marché semble donc anticiper :

  • une pression croissante sur le consommateur ;
  • un ralentissement de certaines dépenses discrétionnaires.

Le risque des positions surpeuplées

Les positions “crowded” représentent un autre sujet important.

Lorsqu’un grand nombre d’investisseurs détient les mêmes actifs, le marché devient plus vulnérable à des mouvements rapides de débouclage.

Aujourd’hui, les deux thèmes les plus concentrés sont :

  • l’or ;
  • les semi-conducteurs liés à l’IA.

Le risque n’est pas nécessairement fondamental.

Le risque est surtout lié au positionnement.

Pourquoi le crédit inquiète davantage

Le résultat le plus notable concerne peut-être le private credit.

Une majorité de gérants identifie désormais :

  • le private credit ;
  • et le private equity ;

comme des sources potentielles de choc systémique.

Le sujet reflète une inquiétude croissante autour :

  • de la liquidité ;
  • des valorisations privées ;
  • du refinancement dans un environnement de taux élevés.

Le marché semble considérer que les futurs épisodes de volatilité pourraient venir davantage du crédit que des actions elles-mêmes.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Le principal risque devient un ajustement forcé du positionnement.

Tant que :

  • la croissance résiste ;
  • les marchés restent liquides ;
  • et que les tensions géopolitiques ne s’aggravent pas ;

les portefeuilles peuvent rester relativement stables.

Mais si le scénario macro se dégrade davantage :

  • inflation persistante ;
  • taux élevés ;
  • ralentissement plus marqué ;

les investisseurs pourraient devoir réduire rapidement leur exposition au risque.

Le marché entre donc dans une phase plus fragile :

moins euphorique, mais encore loin d’un véritable désengagement.

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