Matières premières : un rebond généralisé, mais pas encore de « super-cycle »

February 25, 2025

Les faits de marché

La hausse observée concerne un large éventail de matières premières, des métaux précieux aux produits agricoles.

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette dynamique. L'assouplissement monétaire mondial favorise généralement les actifs réels, dont les métaux précieux. Les matières premières bénéficient également d'un regain d'intérêt spéculatif en tant que couverture contre un éventuel retour de l'inflation.

Les conditions climatiques extrêmes, notamment les épisodes de sécheresse, de froid intense ou les effets d'El Niño, continuent par ailleurs de peser sur certaines productions agricoles.

Enfin, la demande liée à la transition énergétique soutient les métaux critiques tels que le cuivre, le lithium, le nickel ou les terres rares, indispensables à de nombreuses technologies de décarbonation.

Les principaux marchés sous les projecteurs

Gaz naturel américain

Le gaz naturel américain est en forte hausse depuis octobre. Cette évolution est associée à l'arrêt des exportations russes vers l'Europe et au développement des exportations américaines de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le GNL (gaz naturel liquéfié) est du gaz refroidi à très basse température afin d'être transporté par navire.

Café

Le prix du café a presque doublé sur un an, dans un contexte de sécheresse au Brésil, l'un des principaux pays producteurs.

Or et argent

L'or bénéficie d'un environnement marqué par la baisse des taux d'intérêt, les incertitudes géopolitiques et les achats réalisés par les banques centrales. L'argent évolue également à la hausse dans ce contexte.

Huile de soja

L'huile de soja est soutenue par la baisse des rendements agricoles ainsi que par une nouvelle législation américaine favorable aux biocarburants.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Si de nombreuses matières premières progressent simultanément, cela ne signifie pas nécessairement qu'un mouvement structurel de long terme est engagé.

Les facteurs de hausse diffèrent selon les marchés : certains relèvent des conditions climatiques, d'autres de décisions réglementaires, de l'évolution de la politique monétaire ou encore de tendances industrielles spécifiques.

À ce stade, ces éléments traduisent davantage une combinaison de dynamiques sectorielles qu'un phénomène unique affectant l'ensemble des matières premières.

Pourquoi un super-cycle ne semble pas encore d'actualité

Plusieurs éléments invitent à la prudence.

Du côté des matières premières agricoles, la hausse des prix pourrait continuer d'exercer une pression sur les coûts alimentaires et, par conséquent, sur la consommation.

À l'inverse, le pétrole ne présente pas, selon les éléments fournis, de risque inflationniste particulier à ce stade. La forte hausse du gaz naturel ne devrait également plus constituer un sujet majeur après la période hivernale.

Enfin, le Baltic Dry Index, indice qui mesure le coût du transport maritime de vrac, demeure à un niveau historiquement bas. Cette situation est cohérente avec une demande mondiale modérée et une capacité de transport suffisante pour absorber les besoins actuels.

Dans ce contexte, les conditions nécessaires à un nouveau super-cycle des matières premières ne semblent pas encore réunies.

L'Ukraine et les ressources minières

Les discussions autour d'un accord sur les ressources minières ukrainiennes sont présentées comme positives si elles contribuent à un retour de la paix.

Toutefois, une éventuelle exploitation nécessiterait du temps. Les infrastructures, notamment les réseaux électriques et les transports, ont été fortement affectées. Le cadre réglementaire reste à construire et des résistances locales pourraient également constituer un enjeu, avec une participation attendue des entreprises nationales.

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