June 5, 2025

Meta a annoncé un accord de vingt ans avec Constellation Energy afin d’acheter l’intégralité de la production de la centrale nucléaire de Clinton, dans l’Illinois.
L’installation fournit 1,1 gigawatt (GW) d’électricité décarbonée et pilotable, avec une disponibilité prévue à partir de 2027. L’objectif affiché est de sécuriser l’approvisionnement énergétique des data centers du groupe, dont les besoins augmentent avec le développement des applications liées à l’intelligence artificielle.
Cette décision intervient alors que la consommation électrique des centres de données pourrait fortement progresser aux États-Unis. Selon le Department of Energy (DOE), elle pourrait doubler d’ici 2028 et représenter jusqu’à 12 % de la demande nationale d’électricité.
Pour les acteurs technologiques, l’enjeu est de disposer d’une énergie à la fois disponible en continu et capable d’être fournie à grande échelle.
Dans ce contexte, le nucléaire attire de nouveau l’attention de plusieurs grandes entreprises du secteur.
La première approche consiste à prolonger l’exploitation ou à relancer des installations déjà existantes.
Cette stratégie présente l’avantage de s’appuyer sur des infrastructures déjà connectées au réseau électrique, sans nécessiter la construction d’un nouveau réacteur.
Meta, avec la centrale de Clinton, et Microsoft, avec Three Mile Island, ont ainsi recours à des contrats de long terme portant sur des capacités nucléaires existantes.
Les principaux avantages mis en avant sont :
La seconde voie concerne les Small Modular Reactors (SMR), ou petits réacteurs modulaires.
Ces réacteurs, dont la puissance est généralement comprise entre 50 et 300 MW, reposent sur une conception standardisée et modulaire. L’idée est de fabriquer une partie importante des équipements en usine avant leur installation sur site.
Des entreprises comme NuScale Power, Oklo ou Last Energy développent actuellement ce type de technologie.
Les grands groupes technologiques, notamment Google, Amazon et Microsoft, suivent de près ces projets. Toutefois, aucun modèle n’est encore certifié à grande échelle aux États-Unis.
L’horizon évoqué pour leur déploiement se situe entre 2029 et 2032.
Parmi les avantages généralement associés aux SMR figurent :
L’attention portée au nucléaire remet également en lumière les enjeux d’approvisionnement en uranium.
Selon les éléments évoqués, les sanctions visant l’uranium russe ainsi que les tensions commerciales avec le Kazakhstan perturbent certaines chaînes d’approvisionnement.
Dans ce contexte, le marché est présenté comme étant en situation de déficit et sous tension.
Le nucléaire n’est pas la seule technologie explorée pour répondre aux besoins énergétiques croissants des infrastructures numériques.
Yuval Bachar, ancien dirigeant ayant travaillé chez Meta et Microsoft, a fondé ECL, une société développant des data centers alimentés à l’hydrogène.
L’entreprise indique disposer d’un prototype de 1 MW déjà opérationnel en Californie. Selon les informations communiquées, un déploiement pourrait intervenir en moins de douze mois, avec l’objectif d’évoluer vers l’utilisation d’hydrogène vert produit par électrolyse à partir de 2028.
Cette solution reste néanmoins confrontée à plusieurs défis, notamment le coût élevé de l’hydrogène vert et la dépendance aux dispositifs d’incitation publique.
L’essor de l’intelligence artificielle s’accompagne d’une augmentation significative des besoins énergétiques des infrastructures numériques.
Les différentes technologies actuellement étudiées ne répondent pas aux mêmes contraintes ni aux mêmes horizons de temps.
Le nucléaire existant apporte une capacité de production déjà disponible. Les SMR représentent une option potentielle pour les prochaines années. L’hydrogène vise davantage des solutions localisées et rapides à déployer.
D’autres sources d’énergie, telles que le solaire, la géothermie ou encore les microgrids — réseaux électriques locaux pouvant fonctionner de manière autonome — sont également évoquées selon les caractéristiques des régions concernées.
La tendance qui se dessine est celle d’un mix énergétique diversifié plutôt que d’une dépendance à une technologie unique.