L'essentiel en un café
- France : le spread OAT‑Bund passe de 109 à 141 pb sur la semaine, avec un pic à 159 pb vendredi en séance ; le budget 2027 fixe un cadre sans convaincre.
- Fed : seulement 29 000 emplois créés en septembre ; la probabilité d’une hausse le 28 octobre tombe à environ 20 %, contre plus de 70 % mardi.
- Énergie : le G7 libère jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de brut ; le Brent recule de 1,4 % sur la semaine.
- Crédit : la prime de risque des obligations CCC dépasse 1 000 pb, une première depuis 2023 ; l’iTraxx Europe monte de 6 % à 64,6 pb.
FRANCE & DETTE SOUVERAINE
Spread OAT‑Bund au plus haut depuis 2012, le marché tient
- Spread et courbe : 141 pb en clôture vendredi contre 109 pb une semaine plus tôt ; OAT 10 ans à 4,87 %, 30 ans à 5,43 % ; le CDS 5 ans français passe de 58 à 86 pb.
- Budget 2027 : un effort de 54 Md€ pour ramener le déficit de 5,4 % à 5 % du PIB ; Morgan Stanley maintient 5,4 % en 2027, Candriam parle plutôt de 6 %, et la charge d’intérêts atteindrait environ 91 Md€.
- Contagion : jeudi, le spread 2 ans BTP‑Bund double à 55 pb et l’OAT rend environ 40 pb de plus que la dette grecque ; vendredi, le 30 ans français se reprend de 11,8 pb après des adjudications longues jugées solides.
LE REGARD LUSIGNAN — La défiance se paie, mais elle rémunère aussi ceux qui portent ce risque : une OAT 10 ans à 4,87 % et un 30 ans à 5,43 % sont des points d’entrée qui n’existaient plus depuis plus de quinze ans. Sélectivité et suivi attentif du calendrier politique.
TAUX & BANQUES CENTRALES
L’emploi américain éloigne la Fed, les taux longs ne cèdent pas
- Emploi américain : 29 000 créations en septembre pour 90 000 attendues, chômage à 4,2 % ; l’inflation PCE sous‑jacente d’août progresse de 0,2 %, moins qu’attendu, mais la composante prix de l’ISM manufacturier grimpe à 77,9.
- Taux longs : le 10 ans américain a touché 5,33 % et le 30 ans 5,67 %, plus hauts depuis 2002 ; le 30 ans britannique dépasse 6 % pour la première fois depuis 1998.
- Zone euro : inflation à 3,8 % en septembre contre 3,2 % en août (2,5 % hors énergie et alimentation) ; le marché réduit ses paris de hausse de la BCE sur douze mois, de 87 à 73 pb.
LE REGARD LUSIGNAN — La partie courte commence à intégrer la fin du cycle, un mouvement qui précède souvent la stabilisation du long. D’ici là, les rendements actuels offrent des conditions rarement réunies pour l’épargne protégée.
ÉNERGIE & GÉOPOLITIQUE
Le G7 ouvre ses réserves de diesel, le risque iranien demeure
- Réserves stratégiques : le G7 libère jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de brut ; le Brent passe sous 100 $ vendredi avant de se reprendre en fin de séance.
- Diesel : la prime du diesel européen sur le Brent atteignait un record d’environ 100 $ le baril lundi (Morgan Stanley) ; les livraisons de produits raffinés depuis le Golfe ne sont qu’à 50 % de la normale.
- Iran : les exportations iraniennes sont tombées à zéro sous le blocus américain ; le baril s’est repris vendredi sur des informations de reprise des hostilités entre l’Arabie saoudite et les Houthis.
LE REGARD LUSIGNAN — Une détente durable sur le diesel serait le meilleur allié des obligations européennes, en réduisant la pression sur la BCE. Prudence toutefois : les réserves du G7 sont proches de leurs plus bas depuis des décennies et le manque de capacités de raffinage reste structurel.
ACTIONS & CRÉDIT
L’IA porte Wall Street, l’Europe et le haut rendement décrochent
- Indices : S&P 500 −0,3 %, Nasdaq 100 +0,7 % ; Euro Stoxx 50 −1,0 %, CAC 40 −2,2 %, seul grand indice européen en baisse depuis janvier.
- Europe : le Stoxx 600 touche jeudi son plus bas depuis juin, avec 12 % de ses valeurs en zone de survente ; les banques cèdent 3,7 % jeudi et signent leur pire semaine depuis mars.
- Crédit : le spread des CCC dépasse 1 000 pb et l’écart avec les B atteint 700 pb, le plus large depuis 2020 ; hausse des taux et hausse du risque de crédit vont désormais ensemble.
LE REGARD LUSIGNAN — Les investisseurs allègent et deviennent plus sélectifs sans abandonner leurs thèmes. Le crédit européen redevient rémunérateur, taux et spread remontant ensemble : une piste à étudier au cas par cas. En actions, l’Europe reste plus réactive à une détente sur le diesel ou sur le spread français.
ACTUALITÉS SECONDAIRES
En bref
- Résultats : Micron prévoit 60 à 63 Md$ de chiffre d’affaires pour le trimestre en cours ; Accenture bondit de 16 % jeudi, sa plus forte hausse historique en séance ; Nike annonce une restructuration et touche un plus bas depuis 2013.
- IA : le prospectus d’Anthropic révèle 518 Md$ d’engagements d’infrastructure et de calcul, pour une introduction en Bourse visée entre 1 800 et 2 000 Md$ ; Amazon signe un contrat de 690 MW d’électricité nucléaire avec Constellation.
- Chine : le PMI manufacturier officiel revient à 50,1 ; Pékin renforce ses soutiens ciblés, mais la reprise reste inégale.
Ceci n'est pas un conseil en investissement.