February 5, 2026

L’année 2025 restera marquante pour le marché de l’or.
Le métal a inscrit plus de cinquante records historiques et affiche une performance proche de +60% depuis le début de l’année.
Selon les comparaisons historiques mentionnées, il s’agirait de l’une des quatre meilleures années pour l’or depuis 1971, date de référence correspondant à la fin de la convertibilité du dollar en or.
La hausse actuelle repose sur plusieurs moteurs simultanés :
Cette diversité des facteurs de soutien distingue le mouvement actuel d’un simple épisode spéculatif alimenté par un seul catalyseur.
Le marché apparaît ainsi porté à la fois par des facteurs macroéconomiques, monétaires et géopolitiques.
Les grands mouvements haussiers sur l’or sont souvent associés à des épisodes de stress financier ou monétaire très spécifiques.
Le rallye de 2025 semble toutefois plus large dans sa construction.
Le marché ne repose pas uniquement sur la peur d’une récession ou sur un effondrement monétaire immédiat.
L’or bénéficie simultanément :
Le positionnement des investisseurs reste également surveillé.
Depuis 2024, les ETF adossés à l’or auraient accumulé environ 850 tonnes de métal.
Ce volume reste inférieur à la moitié des flux observés lors des précédents grands marchés haussiers de l’or.
Autrement dit, le marché n’apparaît pas encore dans une situation d’euphorie comparable à certains épisodes historiques.
Cette lecture alimente l’idée qu’une nouvelle vague d’achats reste possible si un nouveau catalyseur venait renforcer les tensions macroéconomiques ou géopolitiques.
Le World Gold Council présente trois scénarios principaux pour 2026.
Dans cette hypothèse, la consommation ralentirait progressivement tandis que la Fed adopterait une posture plus accommodante.
Le dollar serait alors plus faible et les conditions globales relativement favorables à l’or.
Le potentiel évoqué dans ce scénario se situerait entre +5% et +15%.
Ce scénario correspond à une détérioration plus marquée de l’environnement économique mondial.
Les tensions géopolitiques et commerciales augmenteraient, les marges des entreprises se contracteraient et les investisseurs rechercheraient davantage les actifs considérés comme refuges.
Dans ce contexte, les taux reculeraient plus fortement et l’or bénéficierait d’une dynamique très favorable.
Le potentiel évoqué se situerait alors entre +15% et +30%.
Dans cette configuration, la croissance américaine repartirait plus fortement, accompagnée d’une inflation plus élevée.
La Fed adopterait alors une posture plus restrictive (“hawkish”), entraînant une remontée du dollar et des taux longs.
Le marché basculerait davantage vers les actifs risqués (“risk-on”), créant un environnement moins favorable à l’or.
Le scénario envisagerait alors une correction comprise entre −5% et −20%.
Dans l’ensemble, les scénarios présentés montrent un potentiel haussier considéré comme plus large que le potentiel baissier.
L’un des éléments centraux du rallye actuel concerne la prime de risque géopolitique intégrée dans le prix de l’or depuis 2022.
Le marché semble désormais intégrer plus durablement :
Cette prime géopolitique constitue l’un des moteurs majeurs de la hausse observée en 2025.
Son évolution pourrait devenir déterminante pour 2026.
Si cette prime reste durablement intégrée dans les prix, le marché pourrait progressivement considérer des niveaux de prix plus élevés comme un nouveau plancher.
À l’inverse, une disparition durable des tensions géopolitiques ou une normalisation plus rapide des équilibres économiques pourrait entraîner une phase de correction plus importante.
Le marché de l’or semble ainsi entrer dans une phase où la lecture monétaire traditionnelle se combine désormais avec des considérations géopolitiques structurelles.