May 23, 2025

L’or physique a enregistré un regain d’intérêt depuis le 16 mai, avec une progression d’environ 5 %.
Le métal jaune se situe désormais à moins de 4 %, soit environ 130 dollars par once, de son sommet historique atteint le 22 avril.
Cette reprise intervient après une phase de consolidation observée début mai. À cette période, les ETF adossés à l’or avaient enregistré des sorties de capitaux de l’ordre de 40 tonnes, dans un contexte d’apaisement temporaire des tensions entre les États-Unis et la Chine.
Depuis, plusieurs éléments ont contribué à modifier le sentiment des investisseurs.
Les tensions commerciales sont revenues au premier plan.
Donald Trump a évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane de 50 % sur certains produits européens à compter du 1er juin, estimant que les négociations étaient dans l’impasse.
Parallèlement, des menaces de taxation visant Apple ont également été formulées dans l’hypothèse où la production ne serait pas davantage relocalisée aux États-Unis.
Ces annonces ont ravivé les interrogations sur l’évolution des échanges internationaux et leurs conséquences économiques.
Historiquement, les périodes d’incertitude géopolitique ou commerciale ont souvent renforcé l’intérêt pour les actifs considérés comme des réserves de valeur.
L’autre sujet majeur concerne la trajectoire budgétaire des États-Unis.
Plusieurs événements récents ont alimenté les discussions autour de la soutenabilité de la dette américaine.
Parmi eux :
Ces éléments renforcent les interrogations sur l’évolution future des finances publiques américaines.
Pour certains investisseurs, l’or apparaît dans ce contexte comme un actif permettant de diversifier l’exposition aux risques budgétaires ou monétaires.
Traditionnellement, l’or tend à être pénalisé lorsque les taux d’intérêt augmentent.
Contrairement à une obligation ou à un dépôt rémunéré, le métal précieux ne génère pas de revenu. Lorsque les rendements obligataires progressent, le coût d’opportunité de la détention d’or augmente généralement.
Pourtant, les taux longs américains évoluent actuellement autour de 4,5 % sans empêcher la progression du métal jaune.
Cette situation suggère que d’autres facteurs occupent aujourd’hui une place plus importante dans les décisions des investisseurs.
La recherche de protection face aux incertitudes économiques, géopolitiques ou budgétaires semble, selon les éléments présentés, prendre le pas sur la seule question du rendement.
Au-delà du niveau des taux, deux indicateurs retiennent particulièrement l’attention.
Les ETF permettent de mesurer l’intérêt des investisseurs pour le métal précieux.
En avril, ces véhicules d’investissement ont enregistré des entrées de capitaux équivalentes à 115 tonnes d’or, leur niveau le plus élevé depuis mars 2022.
Après les sorties observées début mai, l’évolution future de ces flux constituera un indicateur important du maintien ou non de l’appétit des investisseurs.
Le recul récent du dollar contribue également à soutenir l’or.
Le métal étant principalement coté en dollars, une baisse de la devise américaine tend généralement à améliorer son attractivité pour les investisseurs internationaux.
Depuis le début de l’année, l’or affiche une progression supérieure à 25 %.
Cette évolution s’inscrit dans un environnement marqué par plusieurs thèmes récurrents :
La dynamique observée suggère que le marché ne considère plus uniquement l’or à travers le prisme de l’inflation ou des taux d’intérêt, mais également comme un actif susceptible de répondre à des préoccupations plus larges liées à la stabilité économique et financière.
Dans le même temps, d’autres métaux précieux attirent également l’attention. Le platine a ainsi progressé de plus de 10 % sur la semaine, sa plus forte hausse depuis quatre ans selon les données citées, dans un contexte de tensions sur l’offre et d’intérêt spéculatif accru.