Pourquoi les marchés montent malgré tout

February 12, 2026

Les faits de marché

Les bénéfices mondiaux des entreprises sont attendus en hausse d’environ +16 % en 2026.

La croissance des ventes approche +7 % au niveau mondial.

Les marges nettes globales continuent de progresser vers 14 %.

Dans le même temps, les taux de défaut des entreprises restent historiquement bas.

Les spreads de crédit — c’est-à-dire l’écart de rendement entre les obligations d’entreprises et les obligations d’État — évoluent proches de leurs plus bas niveaux depuis 2008.

La volatilité implicite reste également contenue.

Autrement dit, les marchés continuent d’intégrer un scénario de croissance relativement stable et de risque financier modéré.

Lecture : les marchés regardent d’abord les profits

Le principal moteur des marchés reste aujourd’hui la croissance réelle de l’économie.

Plusieurs éléments soutiennent encore cette dynamique :

  • emploi relativement résilient ;
  • consommation toujours positive ;
  • progression des bénéfices des entreprises ;
  • conditions de crédit encore favorables.

Malgré les tensions politiques observées aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Europe, l’activité économique résiste globalement.

Les investisseurs privilégient donc pour l’instant les résultats économiques concrets plutôt que les incertitudes institutionnelles ou géopolitiques.

Cette logique explique pourquoi les marchés peuvent continuer à progresser même dans un environnement politique plus instable.

Pourquoi le crédit reste central

Les marchés surveillent particulièrement le crédit.

Tant que :

  • les taux de défaut restent faibles ;
  • les entreprises accèdent au financement ;
  • les spreads de crédit restent contenus ;
    les investisseurs considèrent généralement que le système financier reste stable.

Le crédit agit souvent comme un indicateur avancé de stress financier.

Aujourd’hui, ce segment n’envoie pas encore de signal de rupture majeur.

Cette stabilité contribue largement à soutenir les actifs risqués.

Les fragilités qui montent sous la surface

Si les marchés restent résilients, plusieurs fragilités commencent néanmoins à apparaître.

L’affaiblissement des garde-fous institutionnels

Dans plusieurs grandes économies, les tensions politiques et institutionnelles deviennent plus visibles.

Les débats autour :

  • des politiques budgétaires ;
  • des élections ;
  • des banques centrales ;
  • ou du fonctionnement des institutions ;
    prennent progressivement davantage de place dans la lecture des marchés.

Pour l’instant, ces risques restent surtout perçus comme potentiels plutôt qu’immédiats.

Le retrait progressif de la liquidité

Depuis plusieurs années, les banques centrales ont largement soutenu les marchés via des politiques monétaires très accommodantes.

La normalisation monétaire change progressivement cet environnement.

Le retrait progressif de liquidité signifie que :

  • le financement devient plus coûteux ;
  • les marchés deviennent plus sensibles aux chocs ;
  • la tolérance aux erreurs économiques ou politiques diminue.

Tant que la croissance reste solide, cette transition reste absorbable.

Mais elle réduit progressivement les marges de sécurité du système financier.

Pourquoi les marchés peuvent ignorer les risques… jusqu’à un certain point

Les marchés financiers fonctionnent souvent par hiérarchie des risques.

Tant que les bénéfices progressent et que le crédit reste stable, les risques politiques ou institutionnels peuvent rester secondaires.

Mais cette logique peut changer rapidement si un risque latent devient concret.

L’histoire montre que les marchés réagissent souvent brutalement lorsque :

  • une crise institutionnelle bloque le fonctionnement économique ;
  • une crise de liquidité apparaît ;
  • ou qu’un choc remet en cause la crédibilité monétaire ou budgétaire.

À ce stade, les investisseurs considèrent encore que ces scénarios ne constituent pas le scénario central.

Court terme : pourquoi la tendance reste favorable

À court terme, plusieurs éléments continuent de soutenir les marchés :

  • croissance bénéficiaire élevée ;
  • marges solides ;
  • crédit stable ;
  • volatilité contenue.

Les investisseurs restent donc relativement constructifs sur les actifs risqués tant que cette combinaison demeure.

Moyen terme : ce qui pourrait changer la dynamique

Le principal risque pour les marchés serait qu’une fragilité institutionnelle ou financière devienne plus visible et plus concrète.

Parmi les scénarios surveillés :

  • blocage politique majeur ;
  • tensions budgétaires ;
  • choc de liquidité ;
  • perte de crédibilité des politiques monétaires.

Dans ce type de configuration, les marchés pourraient rapidement réévaluer le niveau de risque intégré dans les prix des actifs.

Lecture : des marchés encore portés par les fondamentaux

Le paradoxe actuel est donc relativement simple :

  • les risques politiques et institutionnels augmentent ;
  • mais les fondamentaux économiques restent suffisamment solides pour maintenir la confiance des investisseurs.

Les marchés montent non parce que les risques ont disparu, mais parce qu’ils restent pour l’instant considérés comme secondaires face à la croissance des profits et à la stabilité financière.

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