Récession : pourquoi la baisse des craintes a porté les marchés en 2025

June 12, 2025

Les faits de marché

La première moitié de l’année 2025 a été marquée par une relation particulièrement visible entre l’évolution du marché actions américain et les anticipations de récession.

Selon les données citées de Polymarket, les probabilités de récession ont fortement augmenté au début du deuxième trimestre avant de reculer progressivement dans les semaines suivantes.

Dans le même temps, le S&P 500 a suivi une trajectoire inverse. Lorsque les craintes de ralentissement se sont intensifiées, les actions ont reculé. À l’inverse, lorsque ces craintes se sont atténuées, le marché a retrouvé de l’élan.

Cette évolution illustre la manière dont les investisseurs ajustent en permanence leurs anticipations concernant l’économie et les bénéfices futurs des entreprises.

Le point de bascule du mois d’avril

Le 2 avril a constitué un moment clé dans cette séquence de marché.

L’annonce de nouveaux tarifs douaniers par Donald Trump a provoqué une réaction immédiate des investisseurs. Les marchés actions ont reculé tandis que les probabilités de récession ont grimpé jusqu’à 66 % selon les données mentionnées.

Cette hausse des anticipations de récession traduisait les inquiétudes liées aux conséquences potentielles de nouvelles barrières commerciales sur l’activité économique.

À partir du mois de mai, la situation a évolué différemment.

Le recul partiel de ces mesures a coïncidé avec un rebond du S&P 500, qui a effacé ses pertes précédentes. Dans le même temps, les probabilités de récession sont revenues à 26 %.

Cette séquence a alimenté l’expression « TACO trade », acronyme de Trump Always Chickens Out, utilisée par certains observateurs pour décrire l’idée que certaines annonces initiales seraient ensuite atténuées ou révisées.

Pourquoi les marchés réagissent-ils aussi fortement aux anticipations ?

Les marchés financiers reposent sur deux dimensions qui coexistent en permanence.

La première est fondée sur l’analyse des fondamentaux économiques : consommation, emploi, activité des entreprises ou encore résultats financiers.

La seconde relève des anticipations. Les investisseurs cherchent constamment à évaluer les risques futurs et ajustent leurs positions en conséquence.

Cette interaction explique pourquoi les marchés peuvent parfois réagir fortement à des annonces ou à des changements de perception, même lorsque les données économiques n’ont pas encore évolué.

Les cours ne reflètent pas uniquement la situation actuelle. Ils traduisent aussi les attentes concernant les mois et les années à venir.

Lecture : fondamentaux vs mécanique de marché

Malgré les inquiétudes observées au printemps, plusieurs indicateurs économiques mentionnés dans les données disponibles demeurent relativement solides.

Les ménages continuent de consommer.

Les entreprises poursuivent leurs recrutements.

Aucune vague de licenciements n’est signalée dans les éléments présentés.

Ces facteurs ont contribué à réduire progressivement les scénarios les plus pessimistes concernant l’économie américaine.

L’équilibre reste néanmoins décrit comme fragile.

Les investisseurs surveillent notamment deux éléments :

  • Une éventuelle réactivation des tarifs douaniers à partir du 9 juillet.
  • Les conséquences potentielles d’un plan de baisse d’impôts sur le déficit budgétaire.

Ces sujets continuent d’alimenter les débats sur la trajectoire économique des États-Unis et sur la capacité des marchés à prolonger leur progression.

La dynamique observée depuis le début de l’année semble ainsi refléter moins un scénario d’accélération économique qu’un ajustement des anticipations. Dans ce contexte, l’absence de récession a constitué un facteur de soutien important pour les actions américaines.

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