September 3, 2026

Septembre affiche historiquement la plus mauvaise performance mensuelle pour le S&P 500 depuis 1928. Pourtant, cette faiblesse régulière cache une réalité plus nuancée : elle résulte d'une combinaison de mécanismes récurrents et de quelques crises majeures. Pour 2026, plusieurs facteurs défavorables s'accumulent, mais les soutiens fondamentaux demeurent solides.
Depuis 1928, le S&P 500 recule en moyenne de 1,2 % en septembre, sa plus mauvaise performance mensuelle. Sur les trois dernières décennies, cette baisse atteint 0,8 % en moyenne, contre une hausse de 0,9 % pour chacun des onze autres mois. À première vue, la saisonnalité semble établie.
Cependant, une observation cruciale nuance cette conclusion : septembre ne termine en hausse que dans environ 45 % des cas. Autrement dit, le marché progresse toujours presque une année sur deux. Cette statistique mesure le passé et agrège des périodes très différentes.
La moyenne historique est fortement dégradée par quelques événements majeurs survenus en septembre : la Grande Dépression, le choc pétrolier de 1974, les attentats de 2001, l'éclatement de la bulle technologique et la crise financière de 2008. L'accumulation de ces crises rend la moyenne trompeuse. Elle traduit à la fois une faiblesse régulière modérée et l'impact disproportionné de quelques accidents historiques, mais elle ne préjuge pas automatiquement de l'évolution en 2026.
Plusieurs mécanismes se conjuguent pour peser sur septembre. Le retour des investisseurs après l'été s'accompagne souvent de prises de bénéfices, d'un rééquilibrage des portefeuilles en fin de trimestre et d'ajustements des fonds avant leur clôture fiscale d'octobre.
Septembre correspond aussi à un creux dans le calendrier des publications de résultats d'entreprises. Privé de nouvelles réglementaires majeures, le marché se concentre davantage sur les indicateurs macroéconomiques : inflation, emploi, politique monétaire de la Fed et risques politiques. Cette vacance de nouvelles positives peut amplifier les inquiétudes sur l'environnement économique global.
Ces facteurs expliquent une vulnérabilité structurelle du mois, mais aucun d'entre eux ne garantit une baisse.
Plusieurs facteurs défavorables s'accumulent à l'approche de septembre 2026. Le pétrole se maintient autour de 95 dollars, tandis que le taux américain à dix ans frôle 4,8 %. L'inflation persiste et une hausse des taux de la Fed est largement attendue le 16 septembre.
Cette remontée des taux expose particulièrement le secteur technologique, dont les valorisations restent sensibles aux rendements des obligations. S'ajoute à cela une question croissante sur la rentabilité réelle des investissements massifs dans l'intelligence artificielle, après plusieurs années de forte progression des valeurs concernées.
L'approche des élections de mi-mandat renforce l'incertitude politique. Historiquement, septembre recule en moyenne de 1,5 % au cours des années électorales, soit une dégradation supplémentaire par rapport à la moyenne normale.
Ces risques ne doivent pas occulter les soutiens solides qui sous-tendent le marché. Les bénéfices des entreprises progressent fortement, l'absence de récession imminente est largement confirmée et les positions des investisseurs demeurent relativement neutres. La volatilité reste contenue, signalant que la peur n'a pas envahi les salles de marché.
Une détente du prix du pétrole ou une révision à la baisse de la trajectoire des taux de la Fed pourraient rapidement provoquer un rebond.
Après sa forte progression, le marché américain a surtout besoin de souffler. Une consolidation ou une faiblesse modérée en septembre serait cohérente avec un cycle de maturation, sans nécessiter une grosse correction. Les facteurs défavorables justifient une prudence accrue, mais les fondamentaux solides limitent le risque de rupture.
La saisonnalité de septembre, bien documentée, ne constitue pas une prédiction. Elle décrit une tendance historique affectée par quelques crises majeures et quelques mécanismes récurrents. L'avenir dépendra bien davantage de la politique monétaire effective de la Fed, de la trajectoire du pétrole, des résultats d'entreprises et de l'évolution politique que du simple calendrier.
Ceci n'est pas un conseil en investissement.