
January 23, 2026

Une Zone Économique Exclusive s’étend jusqu’à 200 milles nautiques, soit environ 370 kilomètres, à partir des côtes. Dans cet espace, l’État côtier n’exerce pas une souveraineté pleine sur la mer, mais dispose de droits exclusifs sur l’exploitation des ressources.
Ces droits concernent notamment :
Le cadre juridique de la ZEE est fixé par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS), signée en 1982 et entrée en vigueur en 1994 sous l’égide des Nations unies. L’objectif était clair : transformer l’océan, longtemps considéré comme un espace libre, en un espace régulé par des règles communes.
Il n’existe pas de classement officiel unique des ZEE. Les comparaisons varient selon que l’on retient une ZEE dite « stricte », des espaces maritimes élargis, ou l’inclusion des extensions de plateau continental. Les conventions statistiques jouent également un rôle déterminant.
À titre d’ordre de grandeur, les plus vastes ZEE, selon des chiffres couramment repris, sont :
La ZEE cumulée de l’Union européenne est estimée entre 18 et 20 millions de km², dont environ 2,1 millions de km² pour le Groenland, rattaché au Royaume du Danemark. Ces écarts illustrent un point clé : la taille d’une ZEE dépend avant tout des territoires insulaires et ultramarins, bien plus que de la surface continentale.
Comparer la puissance maritime à partir de pourcentages de territoire terrestre conduit souvent à des conclusions erronées. Un État peut représenter une part marginale des terres émergées tout en contrôlant une fraction significative des espaces maritimes exploitables.
La France en est un exemple emblématique : son poids maritime est sans commune mesure avec son poids géographique continental. Cette dissociation explique pourquoi les ZEE sont souvent absentes des débats publics, alors même qu’elles concentrent une part majeure de la valeur économique liée à l’océan.
Les comparaisons chiffrées doivent également être maniées avec prudence. Selon les conventions retenues, un même pays peut apparaître comme premier, deuxième ou troisième détenteur mondial de ZEE. Le chiffre seul ne dit rien de la capacité réelle à exploiter, surveiller ou protéger ces espaces.
Lorsqu’on s’intéresse aux ZEE, la question n’est pas celle d’un « prix » au sens financier, mais celle de la valeur économique et stratégique des ressources qu’elles abritent.
Aujourd’hui, environ 96 % des captures mondiales de pêche ont lieu à l’intérieur des ZEE. Les énergies offshore représentent entre 25 et 30 % de la production mondiale de pétrole et de gaz. Les minerais marins font l’objet d’un intérêt géologique croissant, même si aucune production industrielle à grande échelle n’est encore en place.
À cela s’ajoute une infrastructure souvent invisible : 80 à 90 % des câbles sous-marins mondiaux transitent par des ZEE. Ces câbles assurent l’essentiel des flux numériques internationaux, donnant aux États côtiers un rôle clé dans la sécurité des communications.
La valeur d’une ZEE réside donc moins dans un chiffre agrégé que dans la combinaison de ressources, de flux et de positions géographiques qu’elle concentre.
Les ZEE illustrent un décalage fréquent entre fondamentaux économiques et perception politique. Sur le papier, le droit international fixe des règles claires. Dans la pratique, l’exploitation et la protection de ces espaces dépendent de moyens concrets.
Une ZEE se protège et se contrôle grâce à :
Les ordres de grandeur de tonnage naval militaire donnent une indication de cette capacité :
Ces chiffres soulignent que la taille d’une ZEE n’implique pas mécaniquement la capacité à en tirer parti ou à en assurer la sécurité.